lundi 24 novembre 2014

Portrait de l'artiste Yacouba Adamou alias Yac Bi : La coqueluche du public niaméen

                                   


    L’artiste Yacouba Adamou L’artiste Yacouba Adamou
    Yacouba Adamou, plus connu sous le sobriquet de Yac Bi, est le chanteur à la mode à Niamey. Né le 10 novembre 1989 à Niamey et son père étant décédé peu de temps après la naissance de Yac Bi, ce fut à sa mère qu'incomba l'avenir du bambin qu'elle inscrivit à l'école Bandabari 2 de la capitale. « J'ai été dégoûté par l'école lorsque, ayant été félicité pour mon admission au certificat d'études, j'appris que c'était un homonyme à moi, de la même école, qui était retenu. J'étais toujours 2ème ou 3ème de ma classe et lui ne brillait que dans le dessin ! Pire, ma mère n'avait pas les moyens de me payer des études dans une école privée».
    Yac Bi fut donc envoyé cultiver la terre de ses ancêtres ; mais, les attraits de la ville l'emportèrent vite sur les obligations paysannes ! Voilà Yacouba Adamou de retour à Niamey comme ... apprenti-mécanicien. Il ne resta que six mois dans cet «emploi salissant» qu'il quitta pour rejoindre un trio de rap en s'adonnant parallèlement à la bijouterie. Ce groupe de rap conçut en 2007 un album titré « Plus de show dans les ghettos » - qui ne fut jamais édité.
    La musique, dont il n'avait pas hérité, prit le dessus sur la bijouterie et voilà Yacouba Adamou au Centre de Formation et de Promotion Musicale (CFPM) Elhadj Taya de Niamey, qui venait de créer un groupe de percussions dénommé « Ganga du Niger ». Bien encadré par l'unique docteur nigérien en ethnomusicologie, feu Maman Garba dit Karo, Yacouba Adamou rejoint très vite le studio «Magic Sound» qu'un certain Aghali venait d'ouvrir dans le quartier 2ème Arrondissement de Niamey. Il y apprit, sur le tas, des chansons traditionnelles zarma et surtout la programmation des sonorités de guitares basse et solo, de grosse caisse et autres instruments de musique sur un orgue électronique. Cerise sur le gâteau, il y connu son épouse Ayouba Gna – Mme Nana Fatoumata Souleymane à l'état-civil – qui était choriste au studio «Magic Sound ».

    « Bon pour le service » comme on dit dans l'Armée, Yacouba Adamou put enfin se mettre à son compte : l'album « Tal walé walé », composé de six titres, le révéla au grand public. Le concert de vernissage se fit, le 9 juin 2011 à la Maison de la Culture Diado Sékou, à guichets fermés ! Puis, le 7 juin 2014, Yac Bi lança son second album composé de huit morceaux et appelé « Souba Almari » au Centre culturel Oumarou Ganda (CCOG) de Niamey. « Le concert, qui devait durer au-delà de 22 heures 30 minutes, fut interrompu à 20 heures 30 tant il y avait plus de monde à la porte que dans l'enceinte même du CCOG d'une capacité de 5.000 places ! On a dû organiser un deuxième concert le 20 juin 2014 pour satisfaire ceux qui étaient munis de leurs tickets mais n'avaient pas pu accéder au premier concert », assure Yac Bi.
    A quoi est dû ce succès aussi subit que phénoménal ? Aux thèmes de prédilection du chanteur probablement car Yac Bi parle de problèmes concrets. A titre illustratif, «Tal walé walé » évoque la problématique de l'exode rural et «Souba Almari » la question des mariages précoces et forcés des jeunes filles. De fait, les chansons de Yac Bi sont poignantes et interpellent la conscience.
    Yac Bi, qui a seize (16) clips vidéo à son actif, envisage une tournée nationale puis internationale car il est demandé de partout. Mieux, il projette un troisième album axé sur le thème de la paix. Ce troisième opus de huit morceaux est en fait déjà bouclé. Il ne manque à Yac Bi que les moyens de faire venir à Niamey, pour le tournage du clip vidéo, son illustre associé du moment : Neil Oliver, le chanteur béninois bien connu pour son morceau «Wajo» et celui consacré naguère à la lutte contre l'Apartheid en Afrique du Sud.
    «Le thème de la paix nous tient beaucoup à cœur et nous espérons que des personnes physiques et morales nous aiderons à réaliser notre rêve», prie Yac Bi. Un artiste auquel le succès n'est pas (encore) monté à la tête d'autant qu'il loue à 80.000 francs CFA par mois la bicoque dont une aile lui sert de studio de musique encombré de chaises et de bancs, de guitares et de câbles, d'une console et d'un orgue, d'un ordinateur et de postes téléviseurs. Un véritable capharnaüm comparé à l'autre aile de la boîte qui, elle, est bien rangée et sert de salon de beauté à son épouse Ayouba Gna. Sacrés artistes ! Allez, bon vent !

    Sani Soulé Manzo

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