vendredi 6 septembre 2013

L'avortement au Niger


Dans nos villes africaines, il n'est aujourd'hui presque plus un tabou de parler d'avortement. Ce qui n'était pas le cas il y a tout juste quelques décennies. L'avortement correspond à l'expulsion d'un produit de conception de l'utérus avant la date de viabilité foetale. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), on considère qu'un foetus est potentiellement viable s'il pèse plus de 500 grammes et/ou âgé de plus de vingt-deux semaines d'aménorrhée (moins de cinq mois). Quatre sortes d'avortement sont à distinguer :
- L'avortement spontané qui survient de lui-même.
- L’interruption volontaire de grossesse. C'est l'avortement provoqué légalement dans certains pays et interdit au Niger.
- L'avortement thérapeutique, provoqué en vue de sauver la mère d'un danger que la grossesse lui fait courir. 
- L’avortement clandestin, qui survient à la suite de manoeuvres destinées à interrompre la grossesse, dans un contexte illégal.
L'avortement est l'accident le plus fréquent dans la pratique obstétricale. Dans le monde, on estime que 20 millions d'avortements à risque sont pratiqués chaque année, entraînant plus de 80 000 décès. 
Au Niger, une étude menée en 2007 à la maternité Issaka Gazoby de Niamey notait que 2,23% d'avortements étaient provoqués clandestinement, par rapport au nombre de naissances dans la même période. 
Ces chiffres, sont malheureusement très loin de la réalité, en raison du caractère clandestin de la pratique, qui explique que les femmes concernées ne viennent à la maternité qu'en cas de complications avérées. La tranche d'âge des patientes se situe entre 15 et 40 ans avec une moyenne de 29 ans représentant les 81,46%. Elles sont en majorité ménagères (50,99%). Ensuite viennent les élèves - étudiantes (19,80%) puis les fonctionnaires (5,30%). Les prostituées, les commerçantes, toutes font partie des clientes des avorteurs clandestins. Ces femmes sont majoritairement célibataires et n'utilisent pas de méthodes contraceptives. 
Pour mettre un terme à la grossesse, plusieurs méthodes sont utilisées, qui comportent très souvent des risques pouvant conduire jusqu'à la mort de la patiente. Il s'agit du dilatateur, des curettes et pinces de tout genre, des sondes (sondes vésicales, branchettes d'arbre, aiguille à tricot…), des comprimés, de la nivaquinine, des produits chimiques, des crottes d'animaux, du piment, des herbes diverses…
Les avorteurs sont pour la plupart des professionnels de la santé, des tradipraticiens ou les femmes elles-mêmes. Les conséquences sont multiples : hémorragie, perforation interne, traumatisme, infarctus iterine, stérilité, les moins chanceuses mourant pendant qu'elles "essaient de donner la mort à leur futur enfant". La prévention de la mortalité maternelle passe, selon l'OMS, par l'intégration des soins d'avortement en urgence dans tous les systèmes de soins d'un pays, du poste de santé rural aux services les plus perfectionnés du tertiaire. 
L'avortement est l'une des questions les plus controversées dans le monde, tant sur le plan moral que juridique, créant ainsi des points de vues opposés entre ceux qui reconnaissent à la femme le droit d'avorter et ceux qui s'y opposent fermement. Le débat va au-delà de la médecine et de la pratique médicale et s'est fait une place dans les domaines de la religion, de la morale et même de la philosophie.

Hamadou Hassane Hamidou


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Réactions :

1 commentaires :

  1. les medecins sont complices, ....pourquoi ils ne refusent ou denoncent les femmes qui viennent faire l'avortement.

    Ces sont les medecins qui sont les grands responsables.

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