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mercredi 2 novembre 2016

Zinder: apprendre un métier pour abandonner la violence

Sur financement de l’Unicef, 73 jeunes issus des « palais » et « fadas » de la région de Zinder ont bénéficié d’une formation dans plusieurs métiers porteurs tel l’informatique, la mécanique, la restauration, la couture ou encore les activités génératrices de revenues pour les filles. Au terme de cette formation, ils viennent de bénéficier de kits constitués de machine à coudre, motos, matériel de mécanique…
Ces kits leur permettront un démarrage effectif de leur activité. La cérémonie de remise du matériel a eu lieu en présence du Gouverneur de la région du Damagaram et du chef de Bureau de l’Unicef basé à Maradi.


Pour rappel, les « palais et « fadas » sont des lieux de regroupement des jeunes souvent violent.  Ces jeunes, filles comme garçons, sont issus de milieu défavorisé et ont pour leur majorité quitté l’école dès le bas âge. Faute d’emploi et de formation, ils se retrouvent dans ces groupes sans avenir.



 

mercredi 7 octobre 2015

MAP4DEV : Où nous en sommes ?




Map4Dev vient de terminer la première phase du projet de cartographie sur le changement climatique ; rappelez vous de l’introduction au projet il y’a quelques temps et de la présentation de l’équipe qui le compose unis pour tracer l’avenir du Niger. Dans un premier temps, nous nous sommes rendus à Zinder au Sud-Est du Niger pour cartographier les signes visibles du changement climatique et les problèmes environnementaux qui sont présents dans la région. Ensuite, nous avons continué la cartographie dans la capitale à Niamey et dans les zones environnantes les plus touchés par les changements climatiques. Au terme de ce travail, une carte de changement climatique a été tracée, géolocalisant  les rapports qu’on a établis pour réellement témoigner de ce changement climatique. Cette carte est celle là même qui sera présentée à la conférence des parties cadres des nations unis sur les changements climatiques qui se déroulera du 30 novembre au 11 Décembre à Paris.

Les activités de Map4Dev continueront dans un processus de plaidoyer qui voudra engager les autorités, l’ensemble des populations mais surtout la jeunesse nigérienne à agir en faveur du climat. Dans la mesure où le changement climatique est universel, et que les pays du Sahel comme le Niger sont particulièrement sensibles à ce problème si l’on pointe les aléas pluviométriques, la désertification, les dégradations des sols, il vaut mieux alors se lancer ensemble dans cette lutte dès à présent pour atténuer ces effets car le défis est de taille.

Il y’a plusieurs manières de suivre nos activités et d’interagir. Le hastag notamment « #Map4Dev » est utilisé par les utilisateurs de Twitter ; le compte du groupe est @Map4Dev, là-dessus vous trouverez des brèves concernant les changements climatiques ainsi que la situation du Niger afin de susciter un large éventail de questions relatives au climat qu’on se fera un plaisir d’entretenir avec vous.

vendredi 18 septembre 2015

MAP4DEV : la jeunesse nigerienne trace l'avenir



Les jeunes cartographes en action...

Au Niger, six jeunes, engagés et intéressés par les questions du changement climatique se sont lancés avec le soutien de l'Unicef dans un projet innovant de cartographie. Il s’agit pour eux de recenser et documenter les signes visibles des changements climatiques auxquels leurs communautés font face pour ainsi témoigner de l’impact que cela a sur le développement de leur pays. Ainsi, à travers le « mapping digital », un outil numérique de changement de la société, ces jeunes mettront sur la carte mondiale de changement climatique de l’UNICEF, les réalités de leurs communautés avec des photos et des videos,en esperant impliquer la population, les autorités, et engager les leaders mondiaux à agir contre le changement climatique.

Le groupe des 6 jeunes cartographent...
Au terme de ce travail, une carte mondiale du changement climatique verra le jour. A une échéance cruciale de l’avenir de la planète, ces jeunes veulent apporter leur contribution à la 21ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques Paris 2015. Cette conférence doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. Il s’agira de rapprocher les points de vue et faciliter la recherche d’un consensus au sein des Nations unies et de l’Union européenne, en tenant compte des acteurs de la société civile et des positions des pays du Sud.

Le groupe des jeunes catographes lors d'un échange avec les communautés...
Engagés dans le combat du changement climatique, ce groupe de jeunes est à la recherche d’un monde meilleur qui selon eux commence par un éveil de conscience qui amènerait les gens à rejoindre ce combat. C’est ainsi à travers cette cartographie qui sera enrichie en images et commentaires, ils espèrent faire agir les gens sur les causes liées à ce changement climatique à travers des rapports chocs qui montreront l’environnement dans lequel ils vivent et combien il est menacé. C’est certainement une manière aussi d’engager le monde dans le combat du changement climatique qui menace la vie humaine.
 
Halima Laoual Bachir

dimanche 2 août 2015

3 août 1960 : Les moments forts de l'accession du Niger à l'indépendance

En accédant le 3 août 1960 à l'indépendance, le Niger se libère de 60 ans de tutelle coloniale française. La colonie du Niger est la benjamine des colonies françaises; les débuts de sa conquête et de son occupation datent seulement de 1897. Avec son admission dans le concert des nations souveraines, c'est une page de son histoire contemporaine qui se referme. Une ère nouvelle s'ouvre au jeune Etat désormais libre et indépendant.
L'accession du Niger à la souveraineté nationale s'inscrit dans une évolution plus globale et dans un contexte politique marqué d'équivoques. Car en vérité, c'est par une certaine ''accélération de l'histoire'' (D. Hamani) que les événements vont se précipiter et entrainer dans leur sillage l'ensemble des colonies françaises d'Afrique.


La fin de la 2ème Guerre mondiale va engendrer des bouleversements majeurs dans les rapports entre la métropole et ses territoires : épuisée par une guerre mondiale meurtrière; ébranlée de l'intérieur par la chute de la 4ème République ; défiée à Madagascar ; vaincue en Indochine (actuel Viêt Nam); malmenée en Algérie; surprise et déçue par le ''non''» de la Guinée; préoccupée par le mouvement indépendantiste des colonies britanniques (Ghana, Nigeria)... la France était devenue l'ombre d'elle-même: affaiblie et fatiguée, hésitante et douteuse.
Si en 1914, elle pouvait se prévaloir de posséder un empire colonial couvrant 11 millions de km² (ce qui correspond à 28 fois sa superficie !) et compter 50 millions d'habitants, l'après-guerre lui fera constater, à son corps défendant, l'amenuisement continu de ses territoires. Comme une peau de chagrin.
En Asie, l'Indochine accède à l'indépendance en 1954 après une longue guerre qui prend fin avec la défaite de l'armée française à Diên Biên Phù. Le Laos et le Cambodge deviennent indépendants la même année. Alors que le conflit s'achève en Indochine, la guerre d'Algérie commence en 1954 pour ne s'achever qu'en 1962. Sur un registre moins sanglant, plus pacifiste, la Tunisie et le Maroc accèdent à l'indépendance en 1956, suivies en 1960 de la plupart des colonies françaises d'Afrique noire.
Le mouvement de la décolonisation
Les territoires sous domination coloniale française vont accéder à l'indépendance de diverses manières. Avec des larmes et du sang pour certains; en amitié et en paix pour d'autres. Mais pour tous, l'expérience coloniale a été une période d'épreuves et de privations. Car le principe même de la colonisation est facteur de rupture.
Un territoire colonisé est placé malgré lui sous la domination d'un autre pays (appelé la métropole) et en dépend totalement aux niveaux politique, économique et culturel. Conséquence : ce territoire ne dispose d'aucune liberté car ne se gouvernant pas lui-même. Ses terres et ses richesses sont exploitées par la puissance colonisatrice. Ses habitants sont réduits au rang de sous hommes, avec un statut d'indigénat – proche de l'esclavage - les mettant à la merci du colon.
C'est ce régime d'inégalité et d'injustice qui a prévalu en Afrique noire pendant plus de 60 ans, et qui connaîtra sa fin avec l'accession de nos pays à la souveraineté, c'est-à-dire au rang d'Etats qui ne sont pas soumis à une autre puissance et qui exercent l'autorité suprême sur leur territoire, qui jouissent de leur droit de disposer d'eux-mêmes et de prendre en toute responsabilité les décisions politiques qui les concernent.
Cette mutation historique ne répond pas toujours à un processus préétabli. Selon le cours de l'histoire et au gré des situations et des contextes, l'avènement d'une colonie à l'indépendance peut connaître des évolutions et des formes variées.
Pour le groupe des territoires français d'Afrique noire dont le Niger faisait partie, cette évolution a surpris plus d'un politicien et plus d'un historien, tant Français qu'Africains, désemparés pour l'essentiel tant les équivoques étaient patentes sur l'évolution politique des territoires, mais aussi tant l'accélération de l'histoire a été brusque et incontrôlée.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la France fera face à une première guerre de libération: celle d'Indochine qu'elle perdra honteusement avec des pertes immenses. En effet, dès le 19 décembre 1946, se déclenche en Indochine ''la guerre révolutionnaire du peuple'' qui conduira tout de même à la défaite française à Diên Biên Phù, le 7 mai 1954. Le bilan est lourd: l'Indochine comptabilise 500.000 tués ; la France elle-même déplore 59.745 tués et disparus.
Du 29 mars 1947 au 1er décembre 1948, Madagascar exprime, par la violence, sa volonté d'aspirer à l'indépendance. Cette ''insurrection malgache'' s'est soldée, selon les sources, par 11.500 à 89.000 victimes.
En Algérie, le mouvement de libération nationale, cette ''guerre sans nom'', entamé le 1er novembre 1954 et qui ne prendra fin que le 19 mars 1962, fera l'objet d'une répression brutale et ahurissante: 1.500 morts officiellement, sans doute plus réellement entre 8.000 et 10.000; selon des sources diplomatiques algériennes, on parle de plus de 45.000 morts.
Les colonies étaient devenues de véritables boulets aux jarrets français dont les pieds aussi cloués d'épines.
Le sacrifice de sang
La marche des territoires français d'Afrique vers leur émancipation trouve ses lointaines mais solides origines dans le lourd sacrifice de sang consenti en faveur de la France lors des deux guerres mondiales.
Lors de la ''guerre 14-18'', l'Afrique est allée au secours de la France. Entre 1915 et 1918, il a été procédé à un recrutement massif de tirailleurs en Afrique noire. L'Afrique occidentale française (A.O.F.) fournit plus de 163.000 soldats; l'Afrique équatoriale française (A.E.F.) près de 18.000.
En ''39-45'', les soldats africains – les tirailleurs sénégalais de leur nom générique – seront plus de 180.000 à participer activement à cette guerre contre l'Allemagne hitlérienne.
Ce sacrifice de sang, et la lutte politique menée par les hommes politiques, les syndicalistes, les femmes et les étudiants africains, vont conduire les dirigeants français à ''revoir leur copie'' et à modifier sensiblement le statut des Africains, notamment par :
- l'extension le 16 septembre 1944, en A.OF., du décret instituant les syndicats professionnels. Désormais, il n'est ''plus exigé des membres d'un syndicat professionnel de savoir parler, lire et couramment le Français et - pour les originaires des colonies d'être au moins titulaires du C.E.P.E. ou d'une attestation équivalente. Ainsi, il n'est plus fait de distinction entre autochtones et européens ... '';
- l'extension de la liberté d'association (loi du 1er juillet 1900) à l'Outre-mer le 13 mars 1945;
- l'extension de la liberté de réunion (loi du 30 juin 1881) à tous les territoires;
- l'abolition du travail forcé ou obligatoire (loi Félix Houphouet-Boigny) le 11 avril 1945;
- la suppression des juridictions pénales indigènes, le 30 avril 1946 ;
-l'extension, le 7 mai 1946, de la citoyenneté française à tous les ressortissants de l'Union française ''avec tous les droits et libertés qui y sont attachés'' (première loi Lamine Guèye). L'adoption de cette loi met fin au régime de l'indigénat, régime très particulier appliqué aux ''sujets'' coloniaux ;
- l'extension de la liberté de presse (loi du 29 juillet 1881 et ordonnance du 13 septembre 1946) aux territoires d'Outre-mer, le 27 septembre 1946;
-l'adoption de la loi (dite Lamine Guèye) réorganisant la Fonction publique dans les territoires. Un nouveau régime des soldes et indemnités des fonctionnaires d'Outre-mer est établi à compter du 30 juin 1950...
L'adoption de la nouvelle constitution (27 octobre 1946) transforme les Colonies en Territoires d'Outre mer (T.O.M.) intégrés dans ''l'Union Française'', nouvelle notion qui remplace désormais ''l'Empire Français''.
Dans le préambule de cette constitution, il est écrit : ''la France forme avec les peuples d'Outre-mer une Union fondée sur l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion''.
Le contexte politique nouveau, marqué par une certaine ouverture, fera monter le nationalisme dans les territoires coloniaux d'Afrique et accentuer la lutte d'émancipation.
Moteurs en marche
Les nouveaux ''droits'' acquis auront pour premières conséquences l'émergence des partis politiques et la redynamisation des syndicats en Afrique noire. Sur un plan plus pratique, à partir de 1946, avec l'adoption de la Constitution de la Quatrième République française, les représentants africains vont faire l'apprentissage de la vie parlementaire et politique dans diverses assemblées métropolitaines et africaines. Les partis politiques se créent çà et là, se donnant même une envergure fédérale pour l'essentiel. On notera la création :
- du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) à Bamako en octobre 1946 ;
- des Indépendants d'Outre-mer (I.O.M.) le 24 décembre 1948 mais qui ne tiendront leur congrès qu'en février 1953 à Bobo Dioulasso ;
- le Mouvement Socialiste Africain (M.S.A.) en janvier 1957 à Conakry ;
- de la Convention Africaine (C.A.) en janvier 1957 à Dakar ;
- du Parti Africain de l'Indépendance (PAI), en septembre 1957 à Thiès ;
- du Mouvement Africain de Libération Nationale (M.L.N.), en août 1958 à Dakar ;
- du Parti du Regroupement Africain (P.R.A.), fusion du Mouvement Socialiste Africain et de la Convention Africaine, en juillet 1958 à Cotonou...
Les syndicats sont aussi dans la bataille. Ils tiennent dès avril 1947, à Dakar et sous l'égide de la C.G.T. (Confédération Générale des Travailleurs) la première conférence syndicale africaine et décideront, le 19 janvier 1957, de la création de l'U.G.T.A.N. (Union Générale des Travailleurs d'Afrique Noire). Mais déjà, du 11 octobre 1947 au 19 mars 1948, ils vont déclencher en AOF la grève des Cheminots. Le débrayage des 20.000 travailleurs, qui a duré 5 mois, a paralysé les 4 réseaux du chemin de fer (Cf. Les bouts de bois de Dieu de Sembène Ousmane).
Les étudiants aussi s'organisent avec la création de la FEANF, la Fédération des étudiants d'Afrique Noire en France, en mars 1951, et donnent de la voix...
Les acteurs sont sur scène. Les moteurs sont en marche. La lutte politique prend réellement forme et s'engage avec plus de ténacité. La prise de conscience de la nécessité d'engager le combat libérateur se cristallise. Le monde bouge. Partout, des mouvements indépendantistes se font entendre. Les partis politiques et les syndicats, désormais autorisés à exercer, vont à la conquête de la cité impériale.
La colonisation est partout dénoncée, dans ses excès et ses travers. Hommes politiques, travailleurs et étudiants s'engagent dans le combat, sur des registres divers, avec des moyens dérisoires, mais avec une volonté et une détermination sans cesse réaffirmées. Au même moment, la répression se fait systématique et barbare:
- la mutinerie à Thiaroye en novembre 1944 sert de prétexte à l'Etat-major pour faire tirer sur des anciens prisonniers démunis dont le seul tort est de réclamer des arriérés de solde. Bilan: 24 tués ;
- une marche des femmes PDCI-RDA est massacrée à Grand Bassam;
- à Dimbokro, l'administration fait tirer, à balles réelles, sur les populations, faisant 13 morts et plus de 50 blessés; même le très pacifiste Houphouët-Boigny est menacé d'emprisonnement...
Au Niger, le gouverneur Colombani suspend dès le 9 février 1950 les activités politiques du Parti Progressiste Nigérien (P.P.N.-R.D.A), pour "nécessités de l'ordre public". Il faut le dire, c'est le RDA, parce que proche du Parti communiste français, qui est interdit d'activité et ses leaders, soupçonnés de velléités indépendantistes, sont menacés, intimidés et réprimés.
Témoignage de Adamou Mayaki (Les Partis politiques nigériens de 1946 à 1958 – Documents et témoignages. INN, Niamey 1991. Page 25): « Les rapports s'envenimèrent entre la puissance administrante et le RDA. De 1948 à 1958, dirigeants et militants du RDA furent taxés d'antifrançais et, en tant que tels, combattus sans faiblesse. C'est ainsi que dans certains territoires et notamment en Côte d'Ivoire, ils furent poursuivis et traqués comme des bêtes sauvages. On déplora même des morts, victimes d'une incompréhension regrettable. Des hommes furent portés disparus à jamais.
Au Niger, ils furent persécutés, mutés en Mauritanie, au Mali, en Guinée, au Dahomey et en Haute Volta à la suite d'une motion adressée au ministre de la F.O.M. par laquelle le PPN demandait la mutation du gouverneur Toby, taxé de colonialiste. Parmi les fonctionnaires victimes de cette sanction administrative, citons : feu Moumouni Dioffo, feu Alzouma Mamadou et Noma Kaka, affectés au Mali ; Mahamane Dandoby en Guinée ; Boubacar Bolho et Yacouba Djibo en Haute Volta ; Abdou Boukari et Manzo Djibo en Mauritanie et enfin Djibo Bakary au Dahomey. Seul ce dernier refusa de rejoindre son poste et fut considéré comme démissionnaire.
Le PPN/RDA encaissa sans faiblir le coup terrible qui venait de lui être assené. Il trébucha mais tint bon''.
Et au plan international, on n'oublie pas l'effet de la Conférence de Bandung. Pour l'historien Elikia N'Bokolo, ''La conférence de Bandung ne proclame pas seulement le neutralisme, elle exprime aussi l'anti-colonialisme, le refus du néo-colonialisme, la volonté de sortir du sous-développement et la dénonciation dans les faits du racisme, cette inégalité des races fondée sur le mythe de la supériorité des peuples colonisateurs sur les peuples colonisés''.
Le régime de la loi cadre
Pressée de toutes parts, l'administration coloniale est contrainte, en Afrique noire, de lâcher du lest et d'engager avec la loi-cadre une plus grande libéralisation du statut politique, ce qui va conduire à ''l'autonomie interne''. C'est ainsi que sur initiative du ministre français chargé de la France d'Outre-mer, Gaston Defferre, (le dossier a été en réalité initié par son prédécesseur Pierre-Henri Teitgen), l'Assemblée nationale va adopter, le 23 juin 1956, la loi-cadre ''autorisant le gouvernement à mettre en œuvre les réformes et à prendre les mesures propres à assurer l'évolution des territoires relevant du ministère de la France d'Outre-mer''. Trois décrets (*) seront signés le 4 avril 1957 en application de cette loi et visent à modifier les structures du Gouvernement général "en vue de le transformer en organisme de coopération". Ils créent un Conseil de Gouvernement, organe du pouvoir exécutif local, et étendent les attributions des Assemblées territoriales.
Les attributions des anciennes administrations fédérales sont réparties entre, d'une part, le Haut Commissaire de la République et, d'autre part, le Groupe de Territoires (organisme chargé de coordonner l'action des territoires en matière économique et financière et de gérer leurs installations communes d'équipement de base).
Au Niger, il fut institué un Conseil de gouvernement présidé par le gouverneur, mais dont le vice-président est élu par l'Assemblée Territoriale. Le leader du SAWABA, majoritaire, Djibo Bakary, fut élu et constitua le premier gouvernement du pays.
(*) Il s'agit de :
- Décret n° 57-458 réorganisant l'Afrique occidentale française et l'Afrique équatoriale française ;
- Décret n° 57-459 fixant les conditions de formation et de fonctionnement des Conseils de gouvernement dans les Territoires de l'Afrique occidentale française et l'Afrique équatoriale française ;
- Décret n° 57-460 fixant les attributions des Chefs de territoire, des Conseils de gouvernement et des Assemblées territoriales en Afrique occidentale française et en Afrique équatoriale française.
Mais la loi cadre, sitôt mise en œuvre, sera très vite dépassée. Le temps de consacrer et de légitimer la balkanisation des anciens groupes de territoires. Ainsi, l'Afrique Occidentale Française est définitivement morcelée en huit (8) Etats, après ''65 ans de vie commune''. Diviser pour mieux régner !
Mais au départ, trois possibilités s'offraient aux élites politiques africaines :
1 – chaque territoire, doté d'un statut d'autonomie interne, sera directement intégré dans la République, pratiquement rattaché à la métropole;
2 – les huit territoires de l'A.O.F. sont fondus en un Etat unitaire avec un seul gouvernement et une seule assemblée législative, et l'Etat, de droit interne, est intégré à la République ;
3 - les huit territoires de l'A.O.F. jouissent, chacun, d'une certaine autonomie, mais constituent un Etat fédéral toujours intégré dans la République.
La première option a rallié à sa cause la majorité. Et L. S. Senghor de déplorer : ''... Balkaniser, c'est diviser artificiellement ces huit territoires pour en faire des entités politiques, économiques et culturelles qui n'ignorent pas la métropole, mais s'ignorent entre elles. Des entités sans réalités. Car, c'est l'évidence, les frontières actuelles des territoires ne sont que les fruits des hasards militaires et des intrigues de bureaux. Elles ne correspondent à aucune réalité : ni géographique, ni économique, ni ethnique, ni linguistique... Ne retenons que les arguments économiques et culturels. Quels serait, dans la République, le poids du petit Sénégal, de la petite Côte d'Ivoire de deux millions d'habitants – pour ne parler que des territoires dits ''riches'' – devant une métropole de 40 millions d'habitants, la plus riche en ressources et en intelligences parmi les nations de l'Europe occidentale?
Accepter la balkanisation de l'Afrique, c'est accepter, avec notre misère, l'aliénation de nos raisons de vivre''. Hélas ! Les leaders politiques préfèrent être ''le premier à Cotonou, Ouagadougou ou Bamako que le second à Dakar'', selon la formule du président-poète sénégalais.
La Communauté franco-africaine
La loi cadre dépassée, voici venue la Communauté franco-africaine.
De l'intérieur, la France connaît une crise institutionnelle grave qui sonnera le glas de la Quatrième République et son ''régime des partis'' dont l'instabilité et l'inefficacité ont atteint leur paroxysme. Les événements d'Alger du 13 mai 1958 vont faire revenir aux affaires le Général de Gaulle dès le 1er juin 1958. Et pour l'Afrique noire, tout va se jouer de manière vertigineuse au cours des deux prochaines années.
Le Général de Gaulle, qui doit beaucoup à l'Afrique dans son combat pour libérer la France du joug hitlérien, va consacrer de son temps et de son énergie aux territoires d'Outre-mer. Dans quel but ? On se rappelle que lors de la Conférence de Brazzaville (janvier – février 1944) le Général de Gaulle, alors chef de la France libre, présente un projet de réforme de l'Empire colonial et définit le statut de l'Empire français dans le sens, non d'une assimilation, mais d'une fédération. Pour la première fois, la question de l'émancipation est évoquée. Mais l'indépendance n'est pas encore à l'ordre du jour. Et la conférence de Brazzaville est ''contre toute autonomie hors de l'Empire''. Mais de Gaulle a des dettes envers l'Afrique. Au pire de sa carrière, c'est d'Afrique qu'est venu son salut. Brazzaville et Alger ont été des repères essentiels de son combat contre le fascisme.
A Brazzaville, il constituait le 27 octobre 1940, le Conseil de Défense de l'Empire. Ce Conseil a pour mission de maintenir la fidélité à la France, veiller à la sécurité extérieure et à la sûreté intérieure, diriger l'activité économique et soutenir la cohésion morale des populations des territoires de l'Empire. C'est le Conseil qui exerce dans tous les domaines la conduite générale de la guerre en vue de la libération de la patrie et traite avec les puissances étrangères des questions relatives à la défense des possessions françaises et aux intérêts français.
A Alger, il fonde le 3 juin 1943 le Comité Français de Libération Nationale (C.F.L.N.) avant d'y créer, le 17 septembre 1943, une Assemblée Consultative provisoire, donnant ainsi à son mouvement une ossature politique plus crédible.
Le 3 juin 1944, le Comité Français de Libération Nationale (C.F.L.N.) se proclame Gouvernement Provisoire de la République Française (G.P.R.F.), avec pour Président le Général Charles de Gaulle. Et que dire de la décisive et déterminante contribution des soldats africains à l'effort de guerre ?
De Gaulle revenu aux affaires va donc dépoussiérer le dossier colonial en proposant sa ''Communauté'' qui se révèlera, à l'épreuve des faits, une ''morte en sursis''.
Mais de Gaulle presse le pas. Il veut d'une Communauté franco-africaine, une nouvelle forme de ''colonisation revue et corrigée'' (I. B. Kaké) qu'il s'emploie très vite à mettre en place. A cette fin, il entreprend la rédaction d'une nouvelle Constitution française, celle de la Cinquième République, qui sera finalement adoptée par le référendum du 28 septembre 1958.
L'organisation de ce référendum va l'amener à entreprendre une tournée africaine du 20 au 27 août 1958. Le Chef de l'Etat français se rend successivement à Fort Lamy, Antananarivo, Brazzaville, Abidjan, Conakry et Dakar plaider la cause du ''OUI'' à son projet de Communauté.
''Ce qui est proposé, c'est que la Métropole et les Territoires forment ensemble une Communauté dans laquelle, je le répète, chacun aura le gouvernement libre et entier de lui-même et dans lequel on mettra en commun un domaine qui est dans l'intérêt de tous et qui comprendra la défense, l'action extérieure, la politique économique, la direction de la justice et de l'enseignement et les communications lointaine'''.
Et de Gaulle, menaçant : ''On dit: ''Mais nous avons droit à l'indépendance !''. Mais certainement oui ! D'ailleurs, l'indépendance, quiconque la voudra pourra la prendre aussitôt. La Métropole ne s'y opposera pas. Il pourra la prendre aussitôt, un territoire déterminé pourra la prendre aussitôt s'il vote ''on'' au référendum du 28 septembre.
Cela signifie qu'il ne veut pas faire partie de la Communauté proposée et qu'il fait en somme sécession et qu'il veut suivre son chemin lui-même, isolément, à ses risques et périls. La Métropole en tirera les conséquences et je garantis qu'elle ne s'y opposera pas''.
Partout, il appelle à voter OUI, ''un oui franc et massif''. Le ''non'' signifie indépendance, mais surtout ''sécession''. A cet appel, font écho quatre types de réponse :
- le « oui » à la nouvelle communauté, avec à leur tête la Côte d'Ivoire de Houphouët-Boigny ;
- le « non », et qui opte pour l'indépendance immédiate, comme la Guinée de Sékou Touré ;
- le ''oui-mais'' du Sénégal et du Soudan qui souhaitent ''l'indépendance dans l'interdépendance'';
- et la réponse de ceux qui veulent devenir ''départements français'', comme le Gabon de Léon Mba.
Au terme d'inqualifiables tractations et de combines en tous genres, sur les 18 territoires, 17 adoptent la Constitution, c'est à-dire entrent dans la Communauté; seule la Guinée se prononce pour l'indépendance (le NON). Sékou Touré disait : ''Il n'y a pas de dignité sans liberté. Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l'esclavage !
(...) Nous disons NON de manière catégorique à tout aménagement du régime colonial'' ! La suite est connue. La Guinée de Sékou Touré est poussée à l'isolement et à l'asphyxie...
Au Niger, la classe politique est divisée sur la question. Tandis que le parti Sawaba de Djibo Bakary appelait à voter non, c'est-à-dire pour l'indépendance immédiate, le PPN-RDA et ses alliés font campagne pour le oui qui finalement l'emporte avec plus de 78,43 % des voix. Le taux d'abstention a été de 62,59 %. Sur 1.320.174 inscrits, 493.953 électeurs ont voté. Les suffrages exprimés valables sont de 474.778. On a enregistré 372.383 ''OUI'' contre 102.395 ''NON''.
Bien entendu, le pouvoir colonial a pesé de tout son poids pour faire pencher la balance en faveur du oui. Témoignages :
J.R. de Benoist (L'AOF de 1944 à 1960) : ''L'autorité coloniale mobilisa tous les moyens pour faire obstacle à la campagne menée par Djibo Bakary en faveur du ''NON''. Toute l'administration civile et militaire fut mobilisée en faveur du ''OUI''. En quinze jours, la situation se modifia au point que le ''NON'' défendu par Bakary Djibo n'obtint que 22 % des suffrages exprimés, moins de 8 % des inscrits."
Georges Chaffard (Les carnets secrets de la colonisation): ''Du côté de l'administration française, on a déployé le grand jeu. Les caisses de billets CFA ont été prestement déclouées. L'armée mise à contribution. Quelques survols de villages en rase-mottes, quelques manœuvres opportunes d'un escadron blindé dans les régions réputées favorables au Sawaba, impressionnent durablement les populations...''
La victoire du OUI provoquera la démission, dès le 19 octobre 1958, du gouvernement de Djibo Bakary et la dissolution, le 18 novembre, de l'Assemblée territoriale.
Des élections législatives anticipées seront organisées le 14 décembre 1958, élections qui seront remportées par les listes du PPN-RDA au détriment de celles du parti Sawaba, jusqu'ici majoritaire.
Le 18 décembre 1958, l'Assemblée Constituante, qui vient de remplacer l'Assemblée Territoriale (Délibération n° 49 58, Cf. Arrêté n° 58 654 du 22 décembre 1958), proclame la République du Niger, Etat-membre de la Communauté (Délibération n° 48 58). Le même jour, l'Assemblée territoriale du Niger s'érige en Assemblée constituante de la République du Niger (délibération n° 49-58 du 18 décembre 1958, rendue exécutoire par arrêté n° 58-654 du 22 décembre 1958).

Une morte en sursis
Mais le mouvement vers l'indépendance totale se fait irréversible. A peine née, la Communauté est déjà une morte en sursis.
Jean Dumont (Histoire générale de l'Afrique, Tome septième – Editions F. Beauval, Paris 1972, Page 305) écrira : ''Par une ordonnance en date du 7 octobre 1958, les différents territoires sont invités à choisir entre trois formules de statut : celui d'Etat-membre, celui de territoire d'outre-mer et celui de département d'outre-mer. Il revient aux Assemblées territoriales de se prononcer''. Et voilà les différents territoires devenus Républiques, ''Etats membres de la Communauté''.
Le Soudan, le premier, exprime son choix le 24 novembre. A l'unanimité, l'Assemblée décide d'ériger le territoire en République soudanaise, précisant que celle-ci peut se fédérer avec d'autres Etats membres de la Communauté. Un jour plus tard, le Sénégal adopte à son tour le statut d'Etat; l'Assemblée décide également l'adhésion de la République sénégalaise à la Fédération que pourraient former les territoires d'Afrique occidentale. Le 28 novembre, la Mauritanie devient elle aussi un Etat: la République islamique de Mauritanie. Le 4 décembre, c'est au tour de la Côte d'Ivoire, imitée le même jour par le Dahomey, le 11 décembre par la Haute Volta, le 18 par le Niger. Les quatre territoires de l''A.E.F. prennent le même chemin.
Sans accord préalable
La France, si fière et si frileuse de son autorité coloniale, se décide à lâcher du lest et à accepter ''l'indépendance'' des territoires sous tutelle. Elle procède le 12 mars 1959 à la dissolution du Gouvernement général de l'AOF créé depuis le 16 juin 1895. Le pilier central de la colonisation s'effondre.
Un historien se disait persuadé que De Gaulle est venu aux affaires avec ''la volonté très nette de débarrasser la France du poids des colonies'' (J. R. de Benoist). Soit ! Mais pourtant, jusqu'en 1956, la France ne voulait pas entendre parler d'indépendance de ses colonies. ''Parler d'indépendance, c'est parler de sécession'', comme nous le rappellent les exemples malgache, indochinois et algérien, et dans une mesure moindre, guinéen. Partout, la répression a été impitoyable et violente, sauvage et meurtrière. Et voilà que les choses changent.
Sentant le vent changer de direction, les leaders africains se concertent.
Du 14 au 17 janvier 1959, se tenait à Dakar de l'Assemblée constitutive de la Fédération du Mali regroupant le Sénégal, le Soudan, la Haute Volta et le Dahomey. L'expérience tourne court: dès le 13 février 1959, le Dahomey quitte la Fédération, suivi par la Haute Volta le 28 février. Des problèmes de leadership (notamment entre le Soudanais Modibo Keita, président de l'Exécutif fédéral et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, président du Parlement fédéral) et d'options politiques vont vite opposer les responsables sénégalais et soudanais. La Fédération du Mali éclatera le 19 août 1960.
Le 29 mai 1959, se crée à Abidjan (Côte d'Ivoire) le Conseil de l'Entente par les Chefs de Gouvernement, les Présidents et Vice-présidents des Assemblées législatives des Etats de la Côte d'Ivoire, du Dahomey, de la Haute Volta et du Niger (le Togo intégrera le Conseil le 9 juin 1966).
Et puis, le grand tournant. En décembre 1959, à Saint-Louis du Sénégal, lors du sommet de la Communauté, un virage va s'opérer. Le Soudan et le Sénégal, réunis en la Fédération du Mali, demandent de quitter la Communauté. Et le 13 décembre, le Général de Gaulle décide officiellement de l'évolution des Etats africains au sein de la Communauté. Le 18 mai 1960, conformément aux accords du 2 avril (avec Madagascar) et du 4 avril (avec la Fédération du Mali) relatifs à "l'indépendance dans l'interdépendance", il fait voter une révision constitutionnelle.
La révision porte sur l'article 86 de la Constitution, et stipule notamment en ses "alinéas additifs" :
"Un Etat membre de la Communauté peut également, par voie d'accords, devenir indépendant sans cesser de ce fait d'appartenir à la Communauté", alors qu'initialement la Constitution disposait que :
"Un Etat membre de la Communauté peut devenir indépendant. Il cesse de ce fait, d'appartenir à la Communauté".
C'est sur la base de ces nouvelles dispositions que la Fédération du Mali - qui regroupe depuis le 17 janvier 1959 le Sénégal et le Soudan français - et Madagascar accèdent à l'indépendance respectivement le 20 juin et le 26 juin 1960.
La porte est désormais ouverte. Et le 3 juin 1960, les quatre présidents de Conseil de gouvernement du Conseil de l'Entente, Hubert Maga (Dahomey), Hamani Diori (Niger), Maurice Yaméogo (Haute Volta) et Félix Houphouët-Boigny (Côte d'Ivoire), demandent à leur tour et ensemble le transfert des compétences, sans référence à la Communauté, et fixent eux-mêmes, sans accord préalable avec la France, la proclamation de l'indépendance de leurs pays respectivement les 1er, 3, 5 et 7 août 1960.
Le président en exercice du Conseil de l'Entente, Hamani Diori, chef de la délégation, dira à la presse qu'ils viennent ''d'être reçus par le Général de Gaulle, président de la Communauté auquel ils ont demandé officiellement que soient transférées à leurs pays respectifs toutes les compétences instituées par l'article 78 de la Constitution du 4 octobre 1958.
Ils ont précisé les conditions dans lesquelles ils souhaitent que leur soient transférées toutes les compétences ainsi qu'ils l'ont affirmé au Général de Gaulle ».
Et puis, dès le 4 juin 1960, la révision de la Constitution française de la Vème République est opérée et on assiste à la naissance de la ''Communauté rénovée'', avec l'adoption de la loi constitutionnelle n° 60-525 du 4 juin 1960, tendant à compléter les dispositions du Titre XII de la Constitution. Il est désormais possible pour un Etat de la Communauté ''d'évoluer vers l'indépendance tout en restant dans cette Communauté''.
Sur cette base, le 11 juillet 1960, la République du Niger dénonce son adhésion à la Communauté franco-africaine et ''accède, en plein accord et amitié avec la République française, à la souveraineté internationale et à l'indépendance par le transfert des compétences de la Communauté'' (article 1er de l'Accord particulier, approuvé par la loi n° 60-31 du 27 juillet 1960).
Et le 1er août 1960, l'Etat du Niger est érigé en ''une République indépendante et souveraine''. (Loi n° 60 45 du 1er août 1960). Cette loi sera promulguée par le décret n° 60 163/PCM du 6 août 1960).
Et le 3 août 1960, le Président du conseil, Hamani Diori, proclame l'indépendance de la République du Niger.

Aboubakari Kio Koudizé

jeudi 16 avril 2015

9eme Rencontre Annuelle du Réseau des ONG Francophones sur le Climat



Le Niger participe a la 9eme Rencontre annuelle du Reseau Climat et Developpement a Paris du 14 au 18 avril 2015. Cet atelier dont le thème est « Quels defis l’accord de Paris sur le Climat doit-il relever selon la société civile africaine francophone ? ». 14 pays sont representes et 70 participants.
Le Niger est représenté par Issa Garba du Réseau de la Jeunesse Nigérienne sur les Changements Climatiques, Ali Bonguere de EDDER, Moutari Abdoul Madjid de l’ONG Développement pour um Mieux Etre et Sani Ayouba de JVE Niger. 


Cette rencontre ce tient a Paris dans ce contexte d’accueil par la France de la 21e Conférence des Parties a la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique communément appelé « les Négociations Climat » 
Chaque année depuis 2007, le RC&D organise un atelier annuel en vue de la définition de la stratégie de plaidoyer des organisations de la société civile francophone dans le cadre des négociations internationales sur le climat. Cette année, dans l’objectif de renforcer la voix de la société civile francophone dans les négociations et compte tenu de l’importance que revêt le sommet Paris Climat 2015, l’atelier annuel du réseau se tiens à Paris du 14 au 18 avril 2015, afin de pouvoir faciliter le dialogue entre les représentants de la société civile africaine francophone et la Présidence Française.   Il sera précédé, les 12 et 13 avril, d’une réunion  restreinte avec la « taskforce » COP21 du Réseau Climat & Développement.
 Le Réseau Climat & Développement est le seul réseau rassemblant les ONG francophones – majoritairement africaines – sur les questions de climat et de développement. Il comporte à ce jour plus de 70 ONG membres. Chaque année, le Réseau Climat & Développement participe aux conférences internationales sur le climat pour rencontrer les décideurs francophones, décrypter les négociations et rappeler les enjeux clé pour les pays les plus pauvres et vulnérables. En 2015, les membres de la société civile africaine francophone seront amenés à jouer un rôle important dans les négociations et l’ambition de l’accord à Paris fin 2015, à la fois tant que principaux acteurs de terrain dans la lutte contre la vulnérabilité et les impacts climatiques dans leurs pays et de part leurs expériences pratiques, porteurs de propositions et solutions concrètes pour l’enrichissement du dialogue international.

AAS 

mardi 26 août 2014

Lancement de la 4ème semaine du scolaire nigérien



« Nous devons perpétuellement lutter pour arracher nos droits, mais pas pour autant s’en prendre aux biens publics et privés » a annoncé le camarade Anass Djirbil, Secrétaire Général du Comité Directeur, lors de son allocution pour le lancement de la semaine du scolaire nigérien. Cette quatrième édition placée sous le parrainage du Recteur de l’université de Niamey a pour thème  « Rôle du scolaire nigérien dans la consolidation de la paix et l’unité nationale pour un développement socio-économique, politique et culturel. ». Un thème qui vient à point nommé dans un Niger qui lutte perpétuellement pour consolider cet acquis si précieux sans lequel aucun projet durable n’est possible : la paix. Connu pour être des « casseurs » à l’occasion de leurs marches, aujourd’hui, les scolaires ont compris que saccager n’est pas la solution. Cette semaine du scolaire soutenue par l’Unicef, est l’occasion d’entretenir les membres des différentes sous-sections venus de tout le Niger sur l’importance de la préservation de la quiétude ainsi que sur les moyens dont ils disposent pour faire valoir leurs droits, ce, sans avoir à user de la violence. « Aujourd’hui, il est question pour nous, de nous soucieux du sort de nos petits frères qui quittent les bancs à partir de l’école primaire sans aucun repaire. Notre souci devrait être orienté à comment améliorer la qualité de l’enseignement au regard du résultat catastrophique de 26% cette année » a dit Anass, pour qui  la solution peut venir de la création de 4 futures facultés des sciences de l’éducation. Comment ne pas rappeler les difficultés auxquelles fait face l’enseignement supérieur ? Le comité Directeur a alors demandé une attention particulière à l’endroit de ce secteur. Car pour le SG, «  aucun pays au monde n’a regretté pour avoir investi dans l’éducation de ses fils », tout en regrettant qu’il n’y ait aucun enseignant de rang magistral dans certains départements de nos universités.


Le scolaire nigérien, c’est aussi ces étudiants de l’extérieur. Des étudiants qui font face à des difficultés de divers ordre parmi lesquels, l’accession à la bourse. Anass estime qu’il faut redorer l’image de notre pays en les mettant à l’abri de telles situations. Car, ils sont nos ambassadeurs et constituent l’image de notre pays à l’extérieur.

Pour le parrain de cette semaine des scolaires, ce thème est très illustratif d’un souci largement partagé bien au delà du milieu scolaire, celui de voir œuvré en citoyen exemplaire et équilibré à l’amélioration qualitative et quantitative de la situation économique et politique de notre pays.

En plus de plusieurs activités culturelles et sportives, cette semaine du scolaire nigérien est aussi l’occasion pour le Comité Directeur de l’USN de « bien baliser » leurs actions afin d’être beaucoup plus efficace et utile aux scolaires.

 

 

 

mardi 19 août 2014

Le chômage des jeunes


La célébration de la Journée internationale de la jeunesse, qui s'est déroulée le 12 août dernier, relance un certain nombre de réflexions, liées notamment aux difficultés que rencontrent les jeunes dans le monde. S’il est un problème quasi universel, c’est bien celui du chômage des jeunes – qui reste plus de deux fois supérieur à celui de la population générale.
Or, chacun sait que la pression démographique, en particulier dans les pays en développemen...t, rajeunit la pyramide des âges. Comment cela se traduit-il, concrètement, pour les millions de jeunes qui accèdent chaque année au marché du travail ?
Quand on parle du « chômage des jeunes », on vise les individus âgés de 15 à 24 ans qui n’exercent aucune activité alors qu’ils sont disponibles et qui ont été en recherche d’emploi dans un passé récent. Nous nous appuyons, plus bas, sur des données tirées des Indicateurs du développement dans le monde. Ces chiffres sont produits à l’origine par l’Organisation internationale du travail (OIT), qui établit ses propres estimations et effectue un travail d’harmonisation pour débusquer les incohérences au niveau des sources de données, des définitions et des méthodologies. Ils peuvent donc différer des publications officielles des bureaux nationaux de la statistique.
Qu'en est-il au Niger ?
Il peut paraître surprenant, mais le Niger figure parmi les pays africains enregistrant un taux relativement faible de chômage des jeunes.
Le graphique (photo) suivant recense les pays où le chômage des jeunes est le moins fort. On remarque que la situation est stable dans notre pays depuis les années 1990 (7,20% en moyenne). Et, elle est en progrès ces dernières années, puisque le niveau de chômage des jeunes était de 7,30% en 1990 et 7,20 % en 2004. Et, la tendance devrait être "baissière" dans les prochaines années compte tenu des perspectives favorables que présente de notre économie.
Quoiqu'au Niger ce taux (7,20%) s'établit à un niveau largement en dessous de la moyenne régionale (13,84%) en 2012, le gouvernement doit redoubler de vigilance et accélérer la mise en place des mesures (formation par apprentissage ou alternance à tous les niveaux....) pour favoriser l'emploi des jeunes et inscrire à terme notre dans la liste des pays où le chômage de cette tranche d'âge est le moins fort, à l'instar du Rwanda, qui a affiché un taux inférieur à 2 % en 2012.
Apprentis Économistes Nigériens, avec Leila Rafei (La Banque Mondiale)
 

mardi 5 août 2014

Quand la dissolution et la colle déciment notre jeunesse


#MentalHealthMatters
Nous sommes un mardi matin, sur un dépotoir d’ordures situé derrière le stade General Seyni Kountché, des jeunes dont l’âge varie entre 12 et 20 ans. Ils sont à la quête de petits objets qu’ils pourront vendre au marché de Katako.
On retrouvera plus tard beaucoup d’entre eux au centre-ville, armés de boite remplies de colle ou de dissolution en train de se droguer. La dissolution, un produit destiné à coller les chambres à air et la colle sont devenu les drogues prisées de ces jeunes dont certains dépassent à peine l’âge de 10 ans. « Je viens de Ouallam (localité située à 90km de Niamey), par jour je gagne entre 500Fcfa et 1000Fcfa. Avec cette somme, j’achète à manger et de la dissolution. Quand, je prends la dissolution, j’oublie mes problèmes et en plus ça me donne une force inimaginable. Même toi en face de moi, je peux te terrasser. », nous confie tout fièrement, Issa, âgé de 16 ans. Pour se droguer, ils imbibent la dissolution sur un torchon avant de l’introduire dans leurs bouches pour ensuite inspirer l’odeur à longueur de journée. Venus pour leur majeure partie des zones rurales, beaucoup plongent très vite dans la délinquance et accros à ces substances, à l’exemple de Mamoudou, 19 ans qui dit avoir essayé la dissolution alors qu’il n’avait que 10 ans « dans le groupe où j’étais, tout le monde prenais soit de la colle, de la dissolution ou des comprimés. Un jour on m’a proposé de la dissolution. Je l’ai essayé et depuis le jour-là. Je n’ai cessé d’en prendre (…) par jour si je n’en prend pas, je me sent faible ». Si pour d’autres, c’est la tentation qui les pousse à prendre ces drogues, d’autres les prennent sous le coup de la pression du groupe en ignorant totalement les conséquences que peut engendrer cette consommation. En effet, ceux qui se droguent sont en général soit mal informés, soit peu conscients des risques sanitaires auxquels ils s'exposent. Avec moins de 300Fcfa, ils peuvent se la procurer et la consommer au vu et au su de tout le monde sans qu’ils ne soient inquiétés. Vexées, les populations assistent impuissamment à cette situation qui ne fait que prendre de plus en plus d’ampleur. Plongés dans le monde de la dissolution et de la colle, ces jeunes deviennent capables du pire.
En consommant ces substances, ils s’exposent pourtant à divers risques, tels que les troubles psychiques, le coma voir même la mort. Malheureusement, l’absence de chiffres sur ce phénomène ne rend pas le travail facile aux rares organismes qui s’y intéressent.
Pourtant, intervenir pour aider ces jeunes à délaisser ces stupéfiants est plus que nécessaire dans un pays comme le nôtre, où la jeunesse constitue le pivot de tout développement durable.

mercredi 16 juillet 2014

Violences au Nigeria, les refigiés se comptent par millirs à Diffa.


Diffa subit de plein fouet les conséquences de la guerre que se livrent l’armée et le groupe terroriste Boko Harma au nord du Nigeria. Depuis la déclaration de l’état d’urgence, le Niger fait face à un afflux de 29 168 Nigériens et 10 044 Nigérians qui viennent chercher refuge dans la région de Diffa au Sud Est du Niger. La plupart sont des femmes et des enfants, ainsi que des adolescents, souvent suspectés d’appartenance à l’un ou l’autre des groupes armés et d’auto-défense qui se sont multipliés depuis le début des violences. Habitués à aller travailler au Nigeria, où les salaires sont meilleurs, les jeunes ne savent plus vers où se tourner pour gagner de quoi faire survivre la famille, installée au Niger. Les Nations unies interviennent auprès des populations hôtes, qui les accueillent en grande partie, et des personnes déplacées elles-mêmes, via des kits d’urgence.


Ibrahim Mahamadou, 17, retourné du Nigeria dans sa case, dans la cour qu’occupe sa famille à Diffa, mars 2014. Retourné du Nigeria depuis un mois, il y gagnait sa vie en travaillant dans une boulangerie, pour faire vivre ses parents, ses 5 frères et sœurs, de retour de Goubio, au nord du Nigeria. Fuyant l’instabilité provoquée par la secte islamiste Boko Haram, sa famille a préféré retourner à Diffa, leur ville d’origine. Depuis, ils vivent sous une hutte et ne vivent que de quelques subsides en gardant un site de production de briques. Ibrahim gagnait l’argent nécessaire à la survie du foyer en travaillant au Nigeria mais tout s’est arrêté un jour de février, quand les « Ngoura » sont arrivés en ville. Depuis, Ibrahim est à Diffa, et sans travail malgré tous ses efforts. 

« J’ai fui Goubio [au nord du Nigeria] quand les An Goura [porteurs de machette, en haoussa] sont arrivés dans le village, avec l’armée. Ce sont des jeunes des ghettos, ils sont payés pour aider les militaires, enrôler les jeunes et tuer les hommes.  Là-bas, la situation est intenable. Il n’y a jamais la paix. On vit dans une peur constante. On ne sait pas si le matin.
Unicef Niger 2014/Pierre Terdjman

vendredi 4 juillet 2014

BABA c’est le titre du film que j’ai écris et réalisé



BABA, c’est un nom attribué aux bosses des gangs des « palais » et ces « palais » sont des lieux de régroupement de ces jeunes à risque. Dans le film, Baba dirige le palais le plus violent et cruel de la zone. Drogué, impoli, dangereux et à la fois tres violent, il impose ses lois dans le milieu jusqu’au jour où il s’enprend à une jeune vendeuse innoscente. Et l’irréparable s’est produit… 

Le film a été réalisé sur finacement de l’USAID /PdevII pour servir de support lors des projections au cours des assemblées participatives(FORA) dans quatre quartiers du 2ème arrondissement de la ville de Zinder organisées  par l’Association Culture-Espoir et les jeunes leaders du dit arrondissement formés par PDev.

 Cet arrondissement se trouve être le plus violent de la région de Zinder. On assiste à des meurtres avec  préméditations, plusieurs  cas de viols et des bléssures très graves liées aux bagarres inter-groupes des jeunes. Ces jeunes sont vulnérables à l’extrémisme violent  car il existe dans cet  arrondissement un fort taux de chomage des jeunes, un fort taux d’analphabétisme et la grande majorité des ménages vegètent dans l’extreme pauvrèté. Il faut aussi noter dans certains cas la dégradation de l’autorité parentale liée au laisser aller  totale de certains parents vis-à-vis des mauvais  comportements de leurs enfants. Il ya aussi la crise de l’adolescence.
Le jeune se sent fort et robuste, il se crée cette idée dans sa tête qui consiste à lui faire croire que tout peut s’obtenir par la force. Cette situation emmène  très souvent ces jeunes désespérés à se comporter  en des véritables hors la loi échapant totalement aux controles des familles et des pouvoirs publics. Ces projections suivies des débats  que nous comptons organiser, permettront d’accroitre la résilience de cette comunauté face aux risques et comportements négatifs des palais et fadas et des rapprochements entre les jeunes, leurs parents, leurs chefs des quartiers, les leaders d’opinions, les autorités municipales et favoriseront les dialogues entre eux. A travers ces échanges, les vrais problèmes séront touchés du doigt et les solutions sortiront d’elles même. Ainsi, les projections se poursuivront comme telle :

- Jeudi 10 Juillet 2014 à partir de 21H, au quartier Nassarawa

-Vendredi 11 Juillet 2014 au quartier Kara kara  à partir de 21H

-Samedi 12 Juillet 2014 au quartier Garin Malam  à partir de 21H

-Dimanche 13 Juillet 2014, au quartier Dispensaire à partir de 21H

Par Bachir Djibo

 

 

mardi 1 juillet 2014

« LE PARTENARIAT : PDEV II ET JEUNESSE DU NIGER, UN BEL EXEMPLE A SUIVRE »


On ne cessera de le dire que "la jeunesse est un fer de lance pour le développement de toute nation". Cette citation, certains partenaires l’on bien compris. C’est le cas du programme paix à travers le développement (PDEVII) qui depuis quelques années contribue à l’épanouissement de la jeunesse Nigérienne à travers des programmes de renforcement de capacités et de sensibilisation aux jeunes sur des thèmes liés au leadership et à la consolidation de la paix.

C’est dans ce cadre que PDEVII antenne de Tillabéri en collaboration avec la Mairie de Tillabéri, a réuni ce jeudi 19 juin 2014 la jeunesse de la Commune de Tillabéri pour une  session d’information et de sensibilisation. Au cour de cette rencontre, plusieurs communications ont été faites par des éminents conférenciers. D’abord sur le rôle de l’islam dans l’éducation des enfants et des jeunes, sur la citoyenneté responsable et la sur la consommation des stupéfiants.

Cette rencontre a regroupé plusieurs dizaines des jeunes issus de toutes les couches sociales et aussi avec la participation des autorités communales, des leaders religieux et de certains partenaires qui travaille avec les jeunes. 

Toutes ces communications ont permis aux jeunes présents de prendre consciences de l’importance de la paix, de l’éducation citoyenne et l’implication des jeunes dans le processus de développement afin qu’ils puissent contribuer efficacement aux actions de développements locaux.
Par Mr Abdoul Salam Yacouba Point Focal CCAJ/Tillabéri