mercredi 16 juillet 2014

Violences au Nigeria, les refigiés se comptent par millirs à Diffa.


Diffa subit de plein fouet les conséquences de la guerre que se livrent l’armée et le groupe terroriste Boko Harma au nord du Nigeria. Depuis la déclaration de l’état d’urgence, le Niger fait face à un afflux de 29 168 Nigériens et 10 044 Nigérians qui viennent chercher refuge dans la région de Diffa au Sud Est du Niger. La plupart sont des femmes et des enfants, ainsi que des adolescents, souvent suspectés d’appartenance à l’un ou l’autre des groupes armés et d’auto-défense qui se sont multipliés depuis le début des violences. Habitués à aller travailler au Nigeria, où les salaires sont meilleurs, les jeunes ne savent plus vers où se tourner pour gagner de quoi faire survivre la famille, installée au Niger. Les Nations unies interviennent auprès des populations hôtes, qui les accueillent en grande partie, et des personnes déplacées elles-mêmes, via des kits d’urgence.


Ibrahim Mahamadou, 17, retourné du Nigeria dans sa case, dans la cour qu’occupe sa famille à Diffa, mars 2014. Retourné du Nigeria depuis un mois, il y gagnait sa vie en travaillant dans une boulangerie, pour faire vivre ses parents, ses 5 frères et sœurs, de retour de Goubio, au nord du Nigeria. Fuyant l’instabilité provoquée par la secte islamiste Boko Haram, sa famille a préféré retourner à Diffa, leur ville d’origine. Depuis, ils vivent sous une hutte et ne vivent que de quelques subsides en gardant un site de production de briques. Ibrahim gagnait l’argent nécessaire à la survie du foyer en travaillant au Nigeria mais tout s’est arrêté un jour de février, quand les « Ngoura » sont arrivés en ville. Depuis, Ibrahim est à Diffa, et sans travail malgré tous ses efforts. 

« J’ai fui Goubio [au nord du Nigeria] quand les An Goura [porteurs de machette, en haoussa] sont arrivés dans le village, avec l’armée. Ce sont des jeunes des ghettos, ils sont payés pour aider les militaires, enrôler les jeunes et tuer les hommes.  Là-bas, la situation est intenable. Il n’y a jamais la paix. On vit dans une peur constante. On ne sait pas si le matin.
Unicef Niger 2014/Pierre Terdjman

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