lundi 14 juillet 2014

Quand le phenomene des « palais » s'etend à l'est de notre pays.


Le phénomène des « palais », sorte de gangs violents d’adolescents filles et garçons, apparu à Zinder au début de la décennie, s’est peu à peu répandu vers l’Est, région négligée par les autorités et les partenaires au développement. Ces groupes d’adolescents oisifs, le plus souvent rejetés et maltraités par leur famille, commettent vols, viols et attaques ciblées pour obtenir l’argent nécessaire à la survie du groupe, et à sa réputation violente. Inspirés par les chanteurs de rap français dont ils regardent les clips video sur Internet et la télévision, la plupart d’entre eux porte des armes blanches (machette, couteau et poings américains), prend des stupéfiants et des analgésiques puissants et participe aux opérations de représailles contre les autres gangs et « ceux qui leur manquent de respect ».  Seuls certains d’entre eux vont à l’école, mais tous aspirent à trouver un travail qui leur permettrait de subvenir à leurs besoins immédiats. Le groupe explique cette dérive violente par l’influence des Palais de Zinder et de la secte Boko Haram, qui les a engagés vers une forme d’engagement plus radicale. Ces groupes ont leur pendant féminin. Les garçons assurent également la protection des professionnelles du sexe, qu’ils monnayent.

 

Selon une étude conduite par l’Unicef en 2012, ces phénomènes de violence en milieu jeunes remonterait à cinq ans, voire plus. Il faut en rechercher l’origine dans plusieurs facteurs : l’avènement de la démocratie, la pauvreté et la crise économique (problématique de la recherche de la pitance quotidienne), les crises du système scolaire, la croissance urbaine (croissance démographique et spatiale), les insuffisances de la gouvernance en matière de politique de jeunesse et la fuite de responsabilité des parents – voire la maltraitance des enfants. L’origine modeste, voire extrêmement pauvre des parents, oblige les jeunes à se prendre très tôt en charge pour leur nourriture, leurs soins et leur éducation. Tous recherchent des opportunités d’emplois et de formations qui leur permettrait d’être autonomes vis-à-vis de leur famille et du Palais.

 
UNICEF Niger 2014/Pierre Terdjman

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