vendredi 1 novembre 2013

L'Afrique du futur à l'horizon 2063


L’Afrique affiche actuellement une croissance économique importante et les prévisions démographiques pour 2050 laissent croire au doublement de la population actuelle. Sa croissance est déjà supérieure au taux mondial. Ainsi, entre 2001 et 2010, sur les dix économies enregistrant le rythme de croissance le plus rapide, six étaient africaines. Par ailleurs, d’après les prévisions de l’Institut national d’études démographiques (INED), l’Afrique est la région du monde qui connaîtra la croissance la plus forte d’ici 2050. Et d’après les projections de population des Nations-Unies, la population africaine, estimée à 1 095 500 000 habitants en 2013, passerait à 2 300 000 000  en 2050, soit une population doublée en moins de deux générations. Le continent africain verra ainsi la croissance démographique doubler, voire tripler dans une quinzaine de pays, à l’image du Nigeria qui sera alors le 3e pays le plus peuplé au monde avec 433 millions d’habitants. Pour autant, ce continent connaît quelques difficultés auxquelles il doit remédier au cours du prochain cinquantenaire afin de pouvoir accueillir sa croissance démographique comme un véritable moteur économique.
Pour beaucoup d’experts, l’explosion démographique mènera inévitablement à une forte urbanisation que les États africains doivent encadrer au mieux au risque de voir apparaître des bidonvilles qui s’étaleraient en périphérie des villes. Cette augmentation de la population urbaine doit donc indéniablement s’accompagner du développement des infrastructures nécessaires (logements, sanitaires, etc.). Ainsi, en répondant aux besoins de cette nouvelle population urbaine, particulièrement jeune, l’État contribuera à l’augmentation de l’activité économique, cela d’autant plus que cette urbanisation créera un besoin de main-d’œuvre qui sera alors comblé sans trop de difficulté. La démographie africaine des décennies à venir sera donc le véritable « moteur turbo » de l’économie africaine.
Par ailleurs, l’Afrique riche en ressources naturelles comme les ressources minières et les hydrocarbures qui attirent déjà de nombreuses multinationales, devrait également davantage accroître les infrastructures nécessaires pour que le développement économique résultant de ces exploitations soit plus important. Ce qui permettrait, une fois encore, de favoriser la création d’un grand nombre d’emplois, profitable aux économies nationales. Si les États africains parviennent à tirer le maximum des avantages que peut leur apporter le dynamisme démographique, en plus des ressources du sous-sol, il est clair qu’ils disposent de tous les atouts pour devenir dans les prochaines décennies les principaux relais de la croissance mondiale. Telle est la conclusion des experts.
Mais pour ce faire, le continent devra relever de nouveaux défis non négligeables comme nourrir plus de 2 milliards d’habitants, assurer une stabilité politique en instaurant une bonne gouvernance et en réduisant les conflits armés, s’occuper des jeunes, etc. Pour parvenir à alimenter sa population en perpétuelle augmentation, l’Afrique devrait, entre autres, aider les agriculteurs à vendre leurs produits. En effet, les agriculteurs africains sont souvent confrontés à plus d’obstacles commerciaux pour acheminer leurs produits alimentaires jusqu’au marché que dans le reste du monde. De même, le mauvais état des routes et le manque de logistique bloquent également l’acheminement de leurs denrées.
La stabilité politique reste également un des grands défis du continent africain. Ainsi, un pays instable où la population n’est pas en sécurité, reste un pays dans lequel aucune mesure économique ou sociale ne peut réellement être appliquée voire même entreprise. Et cela passe forcément par l’instauration de la bonne gouvernance et l’éradication de certains fléaux comme la corruption qui représente véritablement un handicap à la croissance et au développement économique. Entre 1970 et 2008, on a estimé à 700 milliards de dollars les fuites de capitaux quittant ainsi le continent. Un continent qui devrait donc faire le nécessaire pour que ces capitaux soient investis sur son territoire.

Enfin, les pays africains devraient également, à l’horizon 2063, s’occuper de cette nouvelle population majoritairement jeune et en attente d’activité professionnelle, en réduisant le taux de chômage avec une politique davantage tournée vers la création d’un très grand nombre d’emplois, pour que « le boum démographique ne se transforme pas en bombe économique ». Actuellement, près de 60% des chômeurs africains sont des jeunes et la pauvreté en est la conséquence la plus directe. Si les États ne remédient pas à cette situation durant les prochaines décennies, le risque que les jeunes chômeurs fassent entendre leur désaccord par la violence (ce qui menacera la stabilité politique et la cohésion sociale) sera très élevé. D’après une étude de la Banque mondiale, parmi les jeunes qui rejoignent un mouvement d’insurgés, un sur deux déclare que le chômage constitue sa principale motivation. Les révolutions arabes en sont le parfait exemple.

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