mardi 5 novembre 2013

72 migrants de retour d'Algérie sauvés dans le désert



Cette bonne nouvelle contraste avec l'horrible tragédie vécue début octobre mais connue la semaine passée, qui a vu 92 migrants mourir de soif dans le Sahara alors qu'ils cherchaient à rejoindre l'Algérie.
Lundi, quelque 72 clandestins -20 femmes et 52 enfants- "ont été retrouvés en plein désert par une délégation du gouvernorat d'Agadez partie (lundi) matin se recueillir sur les tombes des migrants récemment décédés entre l'Algérie et le Niger", a indiqué à l'AFP Azaoua Mamane, responsable de l'Ong "Synergie".
Une source sécuritaire a confirmé l'information à l'AFP, sans donner plus de précisions.
Selon M. Mamane, les rescapés "paraissent fatigués et ont faim" mais ont "l'air en bonne santé".
Tous ont été ramenés à Arlit à bord des 4x4 de la délégation du gouverneur d'Agadez, le colonel Garba Maïkido, a précisé Azaoua Mamane, dont l'ONG est basée à Arlit, dernière ville du nord du Niger avant la frontière algérienne.
Agadez est la grande ville du nord du pays, considérée comme la principale zone de transit pour le migrants à destination de l'Algérie et surtout de la Libye.
Baraka Souley, l'une des femmes du groupe, a raconté à l'AFP que ces migrants originaires du sud du Niger, à l'instar de ceux morts dans le désert, dont certains n'avaient migré en Algérie qu'il y a deux mois, avaient "volontairement décidé de rentrer au pays après l'annonce des décès atroces" de leurs compatriotes.
"En Algérie, nous vivions de la mendicité". Mais ces "morts horrible nous ont bouleversés, nous ont choqués. Nous avons subitement décidé de rentrer. Nous n'avions plus la conscience tranquille", a-t-elle expliqué.
L'un des pneus de leur camion, qui était parti lundi matin de Tamanrasset (sud de l'Algérie), a crevé dans le désert, provoquant la panique au sein des passagers, a-t-elle relaté.
"Nous nous sommes alors regroupés au bord de la route et nous nous sommes mis à prier pour qu'on ne meure pas comme les autres", a relaté Baraka Souley, derrière qui résonnent des cris d'enfants.
"Quand nous avons aperçu les voitures des autorités, nous avons tous crié +Alhamdoulilah+ (Allah merci)", a raconté cette jeune femme âgée d'une trentaine d'années.
Quelque 92 migrants, essentiellement des femmes et des enfants, sont morts de soif début octobre alors qu'ils traversaient le désert pour rejoindre l'Algérie. Seuls 21 ont survécu.
Les détails horribles de leur périple et des conditions de leur décès - véhicules surchargés tombés en panne, déshydratation progressive, cadavres en décomposition et mangés par des chacals - n'ont été révélés qu'il y a quelques jours.

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