mercredi 22 octobre 2014

Semaine mondiale de l'allaitement et journée mondiale de la contraception : le Niger et les partenaires sur la même longueur d'onde pour promouvoir ces pratiques familiales essentielles

Lors de la cérémonie, hier à Dosso                                                     

Notre pays a célébré, ce 21 octobre, la semaine mondiale de l'allaitement maternel couplée à la journée mondiale de la contraception placée sous le thème ''l'allaitement maternel exclusif et l'espacement des naissances: des atouts pour le bien-être de la famille''. C'est la cité des Zarmakoye, Dosso Sogha, en plein chantier, qui a accueilli l'évènement solennel de célébration de l'édition 2014. La cérémonie officielle, placée sous le haut patronage du ministre de la Santé Publique, M. Mano Aghali, a enregistré la présence de l'épouse du Premier ministre, représentant la Première Dame Dr Malika Issoufou, des députés nationaux et de plusieurs membres du gouvernement. Les partenaires techniques et financiers du Niger, notamment l'UNICEF et l'UNFPA, ainsi que les associations et ONG nationales intervenant dans les deux sous-secteurs, étaient également présents à cette importante cérémonie qui a eu lieu devant le Centre de la Mère et de l'Enfant de Dosso, le premier centre opérationnel sur les sept que compte notre pays.


A l'occasion de cette cérémonie, les autorités administratives et locales, ainsi que les Dossolais, notamment les femmes, ont réservé un accueil des grands jours à la délégation conduite par le ministre Mano Aghali. Dans notre pays, qui a l'un des plus forts taux de croissance démographique au monde, la question de la contraception et de l'allaitement maternel se pose avec beaucoup d'acuité, et concentre toute l'attention des autorités et des partenaires techniques et financiers. Dans son mot de bienvenue, le maire de la commune urbaine de Dosso, M. Idrissa Issoufou, a expliqué toute l'importance des deux thèmes objets de la cérémonie.
Le gouverneur sortant de la région, M. Seydou Ali Zataou, a lui aussi indiqué que l'allaitement maternel et l'espacement des naissances sont des questions qui concernent chaque couple, ils ne sont pas la seule affaire des femmes. Dans un pays comme le nôtre où la population double tous les 18 ans, l'espacement des naissances est une exigence du développement. Pour lui, l'accroissement rapide de la population crée de nombreux défis en termes d'alimentation, d'éducation, de santé, d'hydraulique et d'assainissement. Il est donc impératif de maitriser cette démographie pour peu qu'on aspire à un développement harmonieux. Pour cela, a dit le gouverneur, les populations doivent apporter leur contribution aux efforts déployés par l'Etat et ses partenaires. Parlant des avantages de l'espacement des naissances, il a souhaité que les femmes enceintes et allaitantes fréquentent les centres de santé pour les consultations pré et post natales et maintiennent l'allaitement maternel jusqu'à l'âge de 24 mois. Ce dernier a l'avantage de faire reposer les mères d'une part en espaçant les naissances, et de permettre aux nourrissons de grandir normalement avec moins de risques de contracter des maladies.
La représentante de l'UNFPA, Mme Monique Clesca, a parlé d'avancées significatives au Niger dans le domaine de la planification, tout en notifiant qu'avec 12,2% de femmes utilisant les méthodes de contraception modernes, l'objectif est loin d'être atteint. Néanmoins, le partenaire qu'est l'UNFPA poursuivra ses appuis dans le cadre du programme de planification 2013-2020, a promis Mme Clesca. Elle a déploré le fait que beaucoup de femmes n'ont pas encore l'opportunité d'avoir des conseils nécessaires pour leur maternité. Soulignant qu'aucune femme ne doit mourir en donnant la vie, la représentante a renouvelé l'engagement de l'UNFPA à accompagner le Niger tout en réaffirmant la nécessité d'investir davantage dans la santé maternelle.
Prenant la parole à son tour, le représentant adjoint de l'UNICEF a indiqué qu'au niveau mondial, la semaine de l'allaitement maternel est célébrée, sous le thème ''l'allaitement : un défi pour la vie'', et cela en référence aux OMD et en réaffirmant l'importance de renforcer et pérenniser la protection, la promotion et le soutien à l'allaitement maternel dans l'agenda post 2015. M. Félix Ackebo a expliqué toute l'importance de l'AME (allaitement maternel exclusif) jusqu'à 6 mois et la poursuite de l'allaitement jusqu'à l'âge de deux ans pour les enfants. Cela leur permettra d'avoir les nutriments nécessaires de haute qualité et peut aider à prévenir la faim et la malnutrition. Il a aussi expliqué le caractère économique de l'AME pour les ménages. ''En plus, l'allaitement participe à hauteur de 13% dans la réduction de la mortalité infantile, l'initiation précoce à l'allaitement durant la première heure après la naissance et l'allaitement exclusif protègent les nouveau-nés et réduisent ainsi la mortalité néo-natale'', a-t-il ajouté.
Pour M. Ackebo, toutes les interventions de prévention en santé et nutrition font leurs preuves, mais l'allaitement maternel exclusif est ''l'intervention qui a le plus grand potentiel d'impact sur la survie de l'enfant''. ''Nous avons ici une occasion unique d'atteindre le potentiel de croissance et de développement naturel des nourrissons et des jeunes enfants en encourageant l'allaitement exclusif pendant six mois, et sa prolongation jusqu'à deux ans'', a ajouté le représentant adjoint de l'UNICEF qui a salué les efforts fournis par les autorités nigériennes ces dernières années.
Le ministre de la Santé Publique a pour sa part dit que c'est pour la première fois que le Niger célèbre la journée mondiale de la contraception qui est en à sa 8ème édition au niveau mondial, en la célébrant avec le lancement de la semaine de l'allaitement maternel. Pour M. Mano Aghali, la présence des partenaires témoigne de l'intérêt qu'ils accordent au bien-être de la population et à la santé des femmes et des enfants. Le ministre a justifié le choix du thème par la volonté du gouvernement de poursuivre la mise en œuvre des recommandations contenues dans la stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l'enfant lancée en 2010 par le secrétaire général de l'ONU. Cette stratégie vise à sauver 16 millions de femmes et d'enfants de moins de 5 ans dans 49 pays dont le Niger. Après avoir rappelé quelques déterminants clés dans l'atteinte des objectifs de développement, le ministre de la Santé Publique a affirmé que la population nigérienne croît fortement en passant de 3,3% à 3,9% entre les deux recensements de 2001 et de 2012. Le taux de fécondité a lui aussi connu une augmentation en passant de 7, 1 à 7,6 enfants par femme. M. Mano Aghali a expliqué que le déséquilibre entre l'accroissement rapide de la population et la faible croissance économique contribue à la détérioration des conditions de vie et de santé des ménages, une détérioration qui se traduit par l'élévation des décès maternels et infantiles. Le ministre a ajouté que la plupart des cas de décès sont liés aux grossesses trop rapprochées, trop nombreuses, trop tardives ou trop précoces ou à une insuffisance des soins obstétricaux néonataux essentiels. Parlant de l'allaitement maternel, le ministre de la Santé a clairement indiqué qu'il est le meilleur moyen d'assurer la croissance de l'enfant, car contenant tous les éléments nutritifs dont a besoin un enfant. Il est en outre le meilleur moyen de prévention de la malnutrition chronique tout en restant une méthode contraceptive efficace si certaines conditions sont respectées. Pour accroitre la contraception dont la prévalence est de 12,2 au Niger, le ministre a indiqué que l'accent doit être mis sur la promotion et l'offre des méthodes contraceptives modernes. Le gouvernement a mis en œuvre plusieurs actions avec l'aide des partenaires, a dit Mano Aghali qui reconnait toutefois que les résultats ne sont pas encore satisfaisants. Il y a lieu alors d'instaurer l'organisation régulière de campagnes pour renforcer l'offre et la demande des services. A l'issue de la cérémonie, la fondation Tattali Iyali a fait don d'un important lot de produits au Centre de la Santé de la Mère et de l'Enfant de Dosso. Les mères modèles qui se sont distinguées par le respect de l'allaitement maternel ont également été récompensées par la fondation Tattali Iyali qui leur a offert de nombreux cadeaux constitués essentiellement de vivres, de savon et de moustiquaires imprégnées.
Zabeirou Moussa

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