lundi 13 octobre 2014

Journée internationale de la jeune fille : briser le cycle des violences en protegant les filles

Adoptée le 21 novembre 2011 par une Résolution de l'Assemblée Générale des Nations Unies lors de sa 55ème commission sur la condition de la femme en mars 2011 à New-York, la Journée Internationale de la Jeune Fille a pour thème cette année : « briser le cycle de la violence en protégeant les filles ». A cet effet, la ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant, MP/PF/PE, Dr Maîkibi Kadidiatou Dandobi a présidé, samedi matin à l'Institut Pratique de Santé Publique (IPSP), la cérémonie commémorative de cette journée, en présence des membres du gouvernement, des représentants du Système des Nations Unies au Niger, des associations et ONGs, des autorités régionales ainsi que plusieurs invités.


Selon la MP/PF/PE, Dr Maîkibi Kadidiatou Dandobi, la nature et l'ampleur des Violence Basées sur le Genre (VBG) varient selon les cultures et les régions et le Niger n'est pas épargné par ce phénomène ; car, elles constituent un phénomène social majeur et persistant reconnu par l'Etat. Les violences affectent dans leur grande majorité les femmes et les enfants, d'après de nombreuses études menées dans ce domaine. Au Niger, a-t-elle ajouté, certains types de violences faites aux filles sont dus en grande majorité aux préjugés socio culturels, à l'analphabétisme, à l'interprétation erronée des préceptes religieux, etc. Pour elle, les filles ayant bénéficié d'une éducation jusqu'au secondaire sont six fois moins susceptibles d'être contraintes de se marier prématurément comme l'a déclaré le Secrétaire Général des Nations Unies dans son discours à l'occasion de l'édition 2012 et les filles ayant un faible niveau de scolarisation sont les plus exposées ; ce qui favorise l'abandon en cours de leur scolarité. Il rappelle donc que, «l'éducation est l'un des meilleurs moyens de protéger les filles contre le mariage précoce, lorsqu'elles peuvent rester à l'école et éviter d'être mariées à un jeune âge, les filles peuvent jeter les bases d'une vie meilleure pour elles-mêmes ainsi que pour leurs propres familles ».
L'éradication de la discrimination et ou violence faite aux filles est selon la ministre fondamentale pour promouvoir le développement de notre nation. Ainsi, mettre fin aux préjugés socio culturels dont sont victimes les jeunes filles est un élément important pour la protection de leurs droits tout en annonçant que des mesures ont été prises et des actions ont été entreprises pour protéger les filles des violences ; et celles-ci ont permis d'enregistrer d'importants progrès. Cependant, il n'en demeure pas moins qu'il reste beaucoup à faire pour améliorer la situation des jeunes filles en les soutenant et en les protégeant tout au long de leur cursus scolaire.
Au paravant, la ministre des Enseignements Secondaires, Mme. Bety Aichatou Habibou Oumani, a estimé qu'au delà de son caractère cérémonial, cette journée revêt une importance capitale. C'est l'occasion pour elle de réaffirmer les engagements de nos plus hautes autorités de faire de l'éducation et de la formation leurs priorités tout en garantissant que loin d'être un lieu risqué pour les jeunes filles, l'école doit être considérée comme un lieu d'éducation et d'acquisition de savoir pour une émancipation de la femme gage de tout développement.
Quant au, représentant-adjoint de l'UNICEF au Niger, M. Félix Ackebo, il a rappelé les résultats d'une étude récente conduite par l'UNICEF au niveau mondial, et qui fait ressortir que les enfants dans les quatre coins de la planète, et plus particulièrement les adolescentes, sont victimes de diverses formes d'abus et de violence. Ces violences sont, dit-il, inacceptables, et c'est pour les contrer que l'UNICEF a lancé l'initiative « END violence », une campagne qui vise à mettre fin à la violence contre les enfants, et que nous participons à celle du Secrétaire Général des Nations Unies « Tous unis contre les violences à l'égard des femmes ». C'est pourquoi, a-t-il déclaré, les défis sont importants. Il nous faut travailler de concert pour mettre en place des solutions intersectorielles et pérennes.
De son coté, la présidente de l'ONG Femmes et l'Enfant Victimes des Violences Familiales, M. Mariama Moussa estime que la violence sous toutes ses formes menace la liberté de mouvement, d'expression et d'association, elle mine la confiance et l'estime de soi, des personnes qui la subissent, elle rabaisse la dignité humaine, elle limite les choix des femmes en limitant leur accès aux mécanismes sociaux et économiques susceptibles de développer leur véritable potentiel et de contribuer davantage dans leurs ménages et dans leurs communautés.
Auparavant, dans son mot de bienvenu, le secrétaire général de la région de Niamey a salué l'initiative et estimé que la lutte contre les violences faites aux femmes est un combat de tout un chacun.

Mamane Abdoulaye

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