jeudi 22 mai 2014

Marches violentes des étudiants de l’université de Niamey : retour sur les faits



Aux alentours de la maternité centrale, plusieurs pneus brulés
ainsi que des arrestations d'étudiants...
Depuis prés de 5 ans, les étudiants nigériens à l’université Abdou Moumouni de Niamey qui ne bénéficient pas de la bourse nationale, se voient accorder à la fin de chaque année académique, une allocation dénommée « aide sociale ». Fixée à 113 000fcfa à ses débuts, elle a été rehaussée à 150 000 depuis l’année dernière. Le premier et essentiel critère c’est ne pas être boursier. Cette année, beaucoup d’étudiants ayant été retenu les années précédentes n’ont pas vu leurs noms sur la liste, car il a semblé que de nouveaux critères ont été instaurés. C’est ainsi que le syndicat des étudiants nigériens à l’université de Niamey a entamé des pourparlers avec les autorités en charge de ce secteur. Négociations qui ont porté leurs fruits. Il ne reste plus qu’une seule signature pour que la liste des rejetés soit autorisée : c’est celle du Directeur General de l’Agence Nigérienne des Allocations et Bourses (ANAB) a annoncé Younoussi Abdourahamane. Le mardi, le Secrétaire chargé des affaires académiques se rend alors à l’ANAB pour demander au DG sa signature. Mais au cours des échanges, le DG « demande à sa sécurité d’embarquer le camarade », a affirmé Younoussi Abdouramane, Secrétaire General des étudiants. A 12H30, après que tous les bus chargés du transport des camarades soient remplis, ils prennent la direction de l’ANAB, objectif : faire un seet-in. La manifestation pacifique se transformera en casse. Va alors s’acharner la colère des camarades sur le local de l’ANAB ainsi que le véhicule du DG. Portes, fenêtres, matériel informatique… Les étudiants rendirent méconnaissable l’ANAB. Même le véhicule du DG n’a pas été épargné. Sa voiture a été complètement cassée puis renversée. L’arrivée des forces de l’ordre va calmer la situation, celle-ci procèderont à des arrestations, au nombre d’une vingtaines.
Un tas de flacons de gaz lacrymogènes
 lancés sur le campus universitaire.....
 
De retour au campus, une assemblée générale spontanée va se tenir et durera une quinzaine de minutes. A l’annonce de l’arrestation des étudiants, leurs camarades décident de retourner dans les rues et exiger la libération de ceux-ci avec pour seules armes leurs mains et des cailloux. La première vague d’étudiants parvient à traverser le pont Kennedy, le centre ville va alors vivre une situation inédite. Les étudiants brulent tout sur leur passage en prononçant des slogans hostiles au pouvoir en place. Police, gendarme, gardes républicaine, sont mis à contribution pour maitriser la situation. A coup de gaz lacrymogènes et de matraques, ils pourchasseront les étudiants, jusque dans les habitations pour les arrêter après les avoirs bastonné. Au siège de l’union des scolaires nigériens où certains étudiants se sont refugiés, « les forces de l’ordre ont cassés les vitres et tire des gaz pour faire sortir les camarades » témoigne un étudiant.
Sur le pont Kennedy....
Pendant ce temps, un autre groupe d’étudiants, va vouloir traverser le pont pour aller en appui au premier groupe, mais, les forces de l’ordre positionné sur le pont vont les en empêcher. En quelques heures, tout le centre ville s’est transformé en un front. Le ministre de l’emploi qui était dans la zone a échappé de justesse à des jets de cailloux. Eparpillé en petits groupes un peu partout dans la ville, les étudiants brulent des pneus avec des slogans hostiles les uns plus que les autres. Les centaines d’agents de forces de l’ordre eurent du mal à les maitriser. Il aurait fallu tard dans la nuit pour que la situation se calme. Au lendemain de ces violences, les dégâts sont énormes, beaucoup d’étudiants blessés dont certains gravement a annoncé Younoussi Abdouramane, pendant que le gouverneur de Niamey lui parle d’une dizaine. Plusieurs arrestations dans les rangs des étudiants, le premier pont interdit d’accès toute la journée du mercredi, mais aussi la suspension du paiement de l’aide sociale jusqu’à nouvel ordre. Dans la journée, beaucoup de rumeurs selon lesquels il y a eu deux étudiants tués par balle ou un bébé mort de suite de l’inhalation du gaz lacrymogène, ont été véhiculé. Mais aucune n’a été confirmée. La sortie du Ministre des enseignements supérieurs sur les antennes de la télévision nationale invitant les étudiants à mettre fin aux violences n’a pas empêché aux autorités de prendre des précautions en plaçant des équipes d’intervention aux alentours du campus universitaire. Si dans sa sortie médiatique, le gouverneur de Niamey exclut tout tire d’armes, les étudiants eux, contredisent ces affirmations en postant sur les réseaux sociaux une photo d'un étudiant blessé, qu’ils présentent comme la victimes des tirs.
Depuis 2006, c’est la première fois, qu’une sortie des étudiants a été aussi violente.
Preuve que des questions touchant au social des camarades peuvent les conduire à faire le pire.
Un blessé, présenté
comme victime d'un tir par balle
Cependant, cette sortie violente devait être prévisible, car depuis le début de l’année académique, ils n’ont cessés de demander l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études tout en annonçant que si rien n’est fait, ils vont durcir le ton. Leur dernier seet-in au rectorat en est une illustration.
Il va falloir que tous les acteurs de ce secteur se retrouvent sur une table et discuter véritablement des problèmes que connaît l’école nigérienne afin de proposer des sorties de crises qui seront concrétisées. Car les solutions, il y en a, c’est la mise en œuvre qui fait parfois défaut.  

Par Jeunesse du Niger

Réactions :

1 commentaires :

  1. C'est malheureux de recourir à la violence. Les négociations animées d'un esprit de comprendre l'autre et d'une réelle volonté de bien faire peuvent nous épargner de telles casses. Il est regrettable que les étudiants aient cassé des biens pendant la marche. Même si la colère peut être la raison mais elle ne peut jamais être une excuse. Je demande aussi aux étudiants d'envoyer une délégation des gens murs parmi eux et qui savent vraiment négocier quand une situation se bloque. Je ne pense pas qu'un seul étudiant puisse amener le D.G de l'ANAB à signer un papier qu'il a sciemment refusé de signer. Il est également regrettable de constater que les forces dites de l'ordre procèdent à la casse du siège de l'USN. Les forces de l'ordre sont censées protéger la loi ainsi que les personnes et leurs biens. Si les forces de l'ordre perdent le control de soi et utilisent des méthodes peu orthodoxes, comment ne pas tolérer l'attitude des étudiants? Je prie chacun en ce qui le concerne de veiller à un acte responsable et patriotique dans nos devoirs et droits.

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