vendredi 23 août 2013

Le Franc CFA menacé de disparition au Niger ?



Avant de quitter Niamey, si on m’avait dit que quelqu’un refuserait un paiement en francs CFA au Niger, je n’y aurais pas cru. C’est pourtant arrivé.
A Mainé Soroa, dans la région de Diffa, à quelques kilomètres du Nigeria, j’achète du pain local un matin et fièrement, je sors un billet de 1000Fcfa pour payer. Le revendeur me dit tout bonnement en haoussa « ni baani amsar irin wanan cudi, say Nera » (moi je ne prends pas ce genre d’argent ; je ne prends que la Nera (la monnaie du Nigeria) ». Pourquoi ? Il me répond qu’il ne maîtrise pas le franc CFA et que même s’il l’acceptait, ce serait un problème ensuite car beaucoup de gens sont comme lui. Est-il Nigérian? Pas du tout, me répond-il, ajoutant qu’il a vécu la majeure partie de sa vie à Diffa. Comment puis-je payer ce que je viens d’acheter alors ? Il ne maîtrise pas le CFA et moi, je ne maîtrise pas la Nera. Nous avons été obligés  de faire appel à un intermédiaire connaissant la valeur des deux monnaies pour enfin conclure cet achat.
Me renseignant davantage sur la situation du franc CFA dans la localité, j’ai appris et constaté que ce commerçant n’était pas une exception. A Mainé mais aussi dans les autres zones frontalières avec le Nigeria, la plupart des transactions se font en Nera.
Seules résistent encore à cet « envahissement » les institutions étatiques. Par exemple, pour payer les factures d’électricité, d’eau, la poste ou à la justice, il faut obligatoirement des CFA. Mais jusqu’à quand ?

Par Islamane Abdou
photo : Jeunesse du Niger


Réactions :

1 commentaires :

  1. Vous avez dit Maïné Soroua? Ah ça ne me surprend point. Reconnaissons que cette localité, comme toutes celles qui viennent après sont frontaliers avec le Nigeria. Leurs plus grands partenaires commerciaux, c'est bien les commerçants nigérians et aussi leur fournisseurs. Ces gens ne commercent qu'avec le Nigeria plus proche pour eux. Quoi donc de plus normal qu'ils ne fassent leur transaction qu'avec la monnaie des localités avec lesquelles ils font leurs transactions commerciales.
    Il y a quelques jours de cela, j'avais quitté Niamey pour aller rendre visite à un frère qui habite à Kabelewa, localité située à 90 kilomètres après Diffa. Arrivé à Mainé, j'ai bien tous mes achats. Mais une fois à Kabelewa, j'ai demandé à un revendeur de cartes de recharge Airtel de m'en vendre une de 500 francs. Quand je lui ai tendu la pièce de 500 francs cfa, il a, dans un premier temps, refusé de la prendre et me demande "c'est quoi ça"? Imaginez ce que fut ma surprise de voir un revendeur de cartes airtel Niger refuser de prendre la monnaie nigérienne. Mon frère a pris la pièce et la carte pour lui montrer l'effigie de 500 et avec quelques explications pour qu'il puisse enfin accepter de la prendre et ceci aussi à contre cœur. C'est après que le frère m'a expliqué que la plupart des commerçants viennent du Nigeria, y compris celui avec lequel j'ai acheté la carte.
    Peut être que ton commerçant aussi est du Nigeria et qu’il est venu à Maïné Soroua se faire quelques fortunes!

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