lundi 10 février 2014

Commémoration de la journée des martyrs



C’est devenu quasiment une tradition. Chaque 9 février de l’an, les scolaires sortent des classes pour battre le macadam dans les rues des principales villes du pays afin de rendre hommage aux martyrs et réclamer justice ainsi que des meilleures conditions de vie et d’études. Aujourd’hui, cela fait vingt deux (24) ans, mais les étudiants n’ont pas oublié leurs trois camarades tués froidement par les forces de sécurité. Ils se souviennent également des blessés dont certains handicapés à vie comme Adam Maina.
Commémorée ce lundi 10 février afin de drainer plus de scolaires, la manifestation de cette année est placée sous le thème de la lutte permanent pour la conquête des acquis. Occasion pour Younoussi Abdouramane, SG de l‘union des étudiants nigériens à l’université de Niamey de rappeler les problèmes auxquels les étudiants nigériens sont confrontés notamment l’implantation du système d’enseignement LMD qui peine à devenir effectif dans nos universités, ou encore le problème d’infrastructures et le manque d’enseignants influant ainsi sur le résultat académique.

Dans toutes les grandes villes du pays, cette journée commémorative a été ponctuée des marches pacifiques et de discours des dirigeants du mouvement scolaire pour exiger que toute la lumière soit faite sur la mort de leurs camarades et que les coupables et commanditaires soient sévèrement punis. Les manifestants se sont rassemblés à Niamey au rond point Kennedy rebaptisé par les scolaires « Place des Martyrs ». Aucun officiel ne s’est présenté à ce lieu emblématique de rendez vous annuel.
Les orateurs qui se sont succédés à la tribune de fortune n’ont pas manqué de rappeler que cette marche des scolaires réprimée dans le sang a été le détonateur du mouvement de contestation sociale qui a forcé les autorités de l’époque à ouvrir le pays au multipartisme et à la démocratie.
Avant de se disperser dans la discipline, les élèves et étudiants ont exigé la traduction devant les tribunaux des assassins et complices de l’assassinat de leurs camarades. Comme à l’accoutumée, cette exigence est accompagnée d’une série de revendications.
Pour rappel, la marche pacifique du 9 février 1990 avait pour objectif d’appuyer la plate forme revendicative des élèves et étudiants notamment son volet projet éducation III de la Banque Mondiale. Elle était partie du campus universitaire en direction de la rive gauche du fleuve. Mais, les étudiants ont été bloqués sur le pont Kennedy par les forces de sécurité qui, incapables de disperser les manifestants, ont usé des armes à feu. Toute la journée, les forces de sécurité et les étudiants avaient joué au chat et à la souris dans les quartiers de la rive droite du fleuve qui abritent les résidences universitaires. Revenu à la nuit tombée d’un voyage à Banjul, le Général de Brigade Ali Saibou, chef de l’Etat a qualifié la répression de la manifestation pacifique de « bavure policière », une sortie médiatique qui, loin d’apaiser les esprits, a attisé la colère des parents d’élèves.

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