mardi 5 janvier 2016

La jeunesse nigérienne en quête de représentativité dans les instances de prise de décisions

De son accession à l'Indépendance, le 3 août 1960, à nos jours, le Niger a connu plusieurs Républiques et régimes politiques. La vie politique était à la fois marquée par des élections démocratiques et d'alternances militaires. Depuis 2011, le pays est à son quatrième régime démocratique durant lequel les jeunes ont toujours su apporter leur contribution dans le processus démocratiques et du développement.
Estimés aujourd'hui à plus de la moitié de la population nigérienne (un peu plus de 17 millions en 2012) ces jeunes s'estiment mal représentés dans la sphère de décisions. Et depuis lors, un combat est déclaré par leurs structures pour une meilleure représentation et prise en compte dans toutes les instances décisionnelles. Les leaders des jeunes soutiennent que leur combat est noble surtout au regard de leurs participations aux grands événements sportifs et culturels dans le pays et dont ils en sont le moteur, mais surtout du rôle décisif qu'ils ont joué dans l'instauration de la démocratie au Niger. C'est notamment le cas avec les ''évènements du 9 février 1990'', (affrontements entre étudiants et forces de l'ordre à Niamey, qui a couté la vie à quatre étudiants), et de la Conférence Nationale Souveraine de 1991. « La jeunesse constitue plus de 65% de la population nigérienne et si on s'en tient aux principes démocratiques, elle doit être au cœur des prises de décisions politiques. Nous allons imposer aux différents partis politiques ; associations et syndicats le respect et la prise en compte des préoccupations de la jeunesse », a- déclaré l'acteur de la société civile, Siradji Issa, président du Mouvement des Jeunes pour l'Emergence du Niger(MOJEN).
Pour le député, Me Ibrahim Djibo, président national de l'Organisation des Jeunes du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS), les jeunes commencent à prendre conscience du rôle qui est le leur. A l'Assemblée Nationale, par exemple, on compte à peu près une dizaine de jeunes sur un total de 113 députés. Me Ibrahim reconnait tout de même, qu'aucun ''quota n'est du point de vue de la loi voté et appliqué en ce qui concerne les jeunes pour les postes électifs et les postes nominatifs contrairement aux femmes''.

En 2014, rappelle-t-on, les parlementaires nigériens ont voté une loi qui octroie un quota aux femmes de 15% pour les postes électifs et 25% pour les postes nominatifs, et ceci à la suite d'un combat rude. « Aucun quota similaire n'est encore voté en faveur des jeunes, et pour qu'il en soit, il faudrait peut-être '' que les jeunes s'unissent pour se battre'', a expliqué le constitutionnaliste, Amadou Boubacar Hassane.
Expliquant les raisons profondes de cette faible implication de la jeunesse dans les instances décisionnelles, M. Boubacar Kadri Ousseini, un jeune entrepreneur à Niamey, soutient que'' ces derniers sont les acteurs de leur propre échec''. Ils vendent leurs ambitions et leur conscience aux politiciens. Pire, la jeunesse nigérienne est dormante, et il est grand temps qu'elle se réveille et se batte'' a-t-il, martelé.
Cet avis est tout aussi partagé par Moustapha Maman Boukari, Secrétaire Général de l'Association Islam et Démocratie (AID), qui pense que les jeunes ne sont pas concertés pour les grandes décisions à cause de leur manque d'engagement. M. Moustapha va plus loin en disant que le motif principal de cet ''écartement de la chose publique'' est surtout lié à « l'égoïsme des ainés qui veulent s'accaparer de tout. Il est fort à craindre que cela ne soit pour l'avenir de lourdes conséquences dans le processus du développement socio-économique du pays''.
M. Karim Kimba, président national des jeunes du MODEN/FA Lumana (parti de l'Opposition politique), affirme que la jeunesse nigérienne est bien délaissée à elle-même et « cela engendre un problème de relève qui se répercutera sur le développement socio-économique du pays». Car selon lui, '' il ne peut jamais y avoir de transmission de connaissances et de compétences entre les élites actuelles et les dirigeants de demain que sont les jeunes d'aujourd'hui''.
C'est en réponse à cette grande préoccupation que les autorités de la 4ème République ont créé un cadre de concertation pour les jeunes, appelé le Conseil National de la Jeunesse (CNJ). Cette Institution existe encore sous la 7ème République même si les avis divergent quant à sa crédibilité. Pour le président national des jeunes du PNDS '' il n'y a pas trente-six mille manières de régler le problème. Le combat des jeunes doit être mené par les jeune et pour les jeunes''.

Mahamane Sabo Bachir

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