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mercredi 2 novembre 2016

Zinder: apprendre un métier pour abandonner la violence

Sur financement de l’Unicef, 73 jeunes issus des « palais » et « fadas » de la région de Zinder ont bénéficié d’une formation dans plusieurs métiers porteurs tel l’informatique, la mécanique, la restauration, la couture ou encore les activités génératrices de revenues pour les filles. Au terme de cette formation, ils viennent de bénéficier de kits constitués de machine à coudre, motos, matériel de mécanique…
Ces kits leur permettront un démarrage effectif de leur activité. La cérémonie de remise du matériel a eu lieu en présence du Gouverneur de la région du Damagaram et du chef de Bureau de l’Unicef basé à Maradi.


Pour rappel, les « palais et « fadas » sont des lieux de regroupement des jeunes souvent violent.  Ces jeunes, filles comme garçons, sont issus de milieu défavorisé et ont pour leur majorité quitté l’école dès le bas âge. Faute d’emploi et de formation, ils se retrouvent dans ces groupes sans avenir.



 

jeudi 7 avril 2016

Campagne sur les changements climatiques



Les Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) & le Réseau de la Jeunesse Nigérienne contre les Changements Climatiques (RJNCC) avec l’appui de l’Ambassade de France à travers le Fonds d’Appui aux Sociétés Civiles du Sud(FASCS) ont lancé le projet « Campagne de Plaidoyer et de Mobilisation sur les Changements Climatiques (CPMCC) au Niger. L’objectif principal de ce projet est de Mobiliser toutes les parties prenantes sur les enjeux liés aux changements climatiques et la promotion du Développement Durable dans notre pays.


Formation des artistes sur les changements climatiques

Les premières activités de ce projet ont concerné les artistes musiciens nigériens. Il s’agit de Filo, ‘la Diva’,  Kal et le groupe de Rap Processus Verbal ‘PV’. Ces derniers ont à l’issue d’un atelier de formation sur les changements climatiques et le développement durable ainsi que de plusieurs répétions, enregistrées une chanson sur le changement climatique « Tchangi Yanayi ». Le clip de la dite chanson est en cours de réalisation et sera bientôt disponible sur internet et dans les medias nigériens.
Séance de Repetion au CFPM-Taya

Merci à ces artistes désormais ambassadeurs du climat pour leurs engagements. 

 Le climat change et toi ?


jeudi 15 octobre 2015

Création prochaine d'un Conseil National de la Jeunesse en conformité avec la Charte Africaine de la Jeunesse


Des décisions issues du conseil des ministres du mercredi, il y avait la création du Conseil National de la jeunesse. N’a-t-on pas déjà un CNJ ?

Et bien il semble que celui que nous avons actuellement n’est pas conforme à la Charte Africaine de la Jeunesse ratifiée par notre pays. En effet, le communiqué du conseil des ministres énonce que le projet de décret est pris pour satisfaire à la recommandation de la charte, « en créant un Conseil National de la Jeunesse dont les attributions, l’organisation, ainsi que la composition, sont clairement définies »

Cette décision intervient à un moment où on assiste à des sorties de jeunes pour selon eux « dénoncer le dépassement de mandat » de l’actuel Conseil National de la Jeunesse. Nous osons espérer que la mise en place du prochain CNJ se fera en toute transparence dans un bref délai.

Dans un Niger où la jeunesse se retrouve abandonnée à son propre sort, l’union cette catégorie de la société est plus que nécessaire et un tel organe se doit d’être le porte-parole de cette génération.

mercredi 7 octobre 2015

MAP4DEV : Où nous en sommes ?




Map4Dev vient de terminer la première phase du projet de cartographie sur le changement climatique ; rappelez vous de l’introduction au projet il y’a quelques temps et de la présentation de l’équipe qui le compose unis pour tracer l’avenir du Niger. Dans un premier temps, nous nous sommes rendus à Zinder au Sud-Est du Niger pour cartographier les signes visibles du changement climatique et les problèmes environnementaux qui sont présents dans la région. Ensuite, nous avons continué la cartographie dans la capitale à Niamey et dans les zones environnantes les plus touchés par les changements climatiques. Au terme de ce travail, une carte de changement climatique a été tracée, géolocalisant  les rapports qu’on a établis pour réellement témoigner de ce changement climatique. Cette carte est celle là même qui sera présentée à la conférence des parties cadres des nations unis sur les changements climatiques qui se déroulera du 30 novembre au 11 Décembre à Paris.

Les activités de Map4Dev continueront dans un processus de plaidoyer qui voudra engager les autorités, l’ensemble des populations mais surtout la jeunesse nigérienne à agir en faveur du climat. Dans la mesure où le changement climatique est universel, et que les pays du Sahel comme le Niger sont particulièrement sensibles à ce problème si l’on pointe les aléas pluviométriques, la désertification, les dégradations des sols, il vaut mieux alors se lancer ensemble dans cette lutte dès à présent pour atténuer ces effets car le défis est de taille.

Il y’a plusieurs manières de suivre nos activités et d’interagir. Le hastag notamment « #Map4Dev » est utilisé par les utilisateurs de Twitter ; le compte du groupe est @Map4Dev, là-dessus vous trouverez des brèves concernant les changements climatiques ainsi que la situation du Niger afin de susciter un large éventail de questions relatives au climat qu’on se fera un plaisir d’entretenir avec vous.

vendredi 18 septembre 2015

MAP4DEV : la jeunesse nigerienne trace l'avenir



Les jeunes cartographes en action...

Au Niger, six jeunes, engagés et intéressés par les questions du changement climatique se sont lancés avec le soutien de l'Unicef dans un projet innovant de cartographie. Il s’agit pour eux de recenser et documenter les signes visibles des changements climatiques auxquels leurs communautés font face pour ainsi témoigner de l’impact que cela a sur le développement de leur pays. Ainsi, à travers le « mapping digital », un outil numérique de changement de la société, ces jeunes mettront sur la carte mondiale de changement climatique de l’UNICEF, les réalités de leurs communautés avec des photos et des videos,en esperant impliquer la population, les autorités, et engager les leaders mondiaux à agir contre le changement climatique.

Le groupe des 6 jeunes cartographent...
Au terme de ce travail, une carte mondiale du changement climatique verra le jour. A une échéance cruciale de l’avenir de la planète, ces jeunes veulent apporter leur contribution à la 21ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques Paris 2015. Cette conférence doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. Il s’agira de rapprocher les points de vue et faciliter la recherche d’un consensus au sein des Nations unies et de l’Union européenne, en tenant compte des acteurs de la société civile et des positions des pays du Sud.

Le groupe des jeunes catographes lors d'un échange avec les communautés...
Engagés dans le combat du changement climatique, ce groupe de jeunes est à la recherche d’un monde meilleur qui selon eux commence par un éveil de conscience qui amènerait les gens à rejoindre ce combat. C’est ainsi à travers cette cartographie qui sera enrichie en images et commentaires, ils espèrent faire agir les gens sur les causes liées à ce changement climatique à travers des rapports chocs qui montreront l’environnement dans lequel ils vivent et combien il est menacé. C’est certainement une manière aussi d’engager le monde dans le combat du changement climatique qui menace la vie humaine.
 
Halima Laoual Bachir

vendredi 31 juillet 2015

A la rencontre de Amadou Mamane Abdoul Kader, ingénieur calcul et génie civil

« Mon histoire débute un matin de l’été 1987 à Tchirozérine, une petite ville située à 73 km au Nord-Ouest de la ville d’Agadez. Tchirozérine est connue pour son usine de production d’électricité à partir de la houille (communément appelée charbon minéral ou charbon fossile), exploitée par la Société Nigérienne du Charbon d’Anou Araren (SONICHAR SA).
Elève de ma mère dès l’âge de deux ans au jardin d’enfants, j’ai rejoint l’école primaire Anou Araren à l’âge de 7 ans, où j’ai réalisé tout mon cursus scolaire de base I. A l’obtention de mon certificat d’études primaires, j’ai intégré le CEG (Collège d’Enseignement Général) de Tchirozérine. Suite à l’obtention de mon brevet d’étude du premier cycle, j’ai opté pour le concours du Lycée d’Excellence de Niamey. Les résultats s’avérant positifs, je me suis embarqué pour trois années d’aventure sur la rive droite du fleuve Niger. »

Le Lycée d’Excellence de Niamey

« Trois magnifiques années ! Trois années au cours desquelles, j’ai côtoyé des jeunes nigériennes et nigériens très brillants venant des quatre coins du Niger. Il faut croire que le Lycée d’Excellence de Niamey n’est pas seulement une école, c’est aussi une famille : on se découvre le premier jour et on se méfie les uns des autres (concurrences scolaires obligent !), ensuite on galère ensemble, on bosse ensemble, pour finalement triompher ensemble. J’avoue que ce climat de fraternité, d’une part, et de persévérance collective, d’autre part, a fortement contribué à ma réussite scolaire, aussi bien au Lycée d’Excellence qu’après le lycée. Permettez-moi de rendre ici un hommage mérité à toute la promotion 9 LEX. »

La Faculté des Sciences et Techniques d’Errachidia (Maroc)

« Mon baccalauréat en poche, je me suis envolé avec certains de mes frères de la terminale C pour le Maroc. En effet, à l’obtention de mon bac, j’ai bénéficié d’une bourse de coopération Nigéro-Marocaine (gérée à l’époque par l’ANAB), afin de poursuivre mes études en maths – informatique – physique à la Faculté des Sciences et Techniques (FST) d’Errachidia. Le choix de poursuivre notamment vers les mathématiques et la physique était étroitement lié à mon cursus lycéen orienté vers les matières scientifiques. Il faut noter que dès mon plus jeune âge, mon rêve était de devenir ingénieur : quoi de plus naturel quand on a grandi au sein d’une cité industrielle ? »

L’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale de Rabat (Maroc)

« Après deux années à la FST d’Errachidia, et suite aux concours des grandes écoles d’ingénieurs, j’ai rejoint l’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale de Rabat (ou ENIM, aujourd’hui renommée « Ecole Nationale Supérieure des Mines de Rabat »), une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs du Royaume Chérifien. En effet, il est possible d’intégrer un cursus d’ingénieurs sans pour autant passer par les classes préparatoires classiques ; à l’instar de mon propre parcours, il suffit de valider son DEUG ou son DEUST (équivalent bac + 2 années d’études supérieures) avec une bonne moyenne (une très bonne, ma foi, c’est encore mieux !) et bien sûr de réussir aux concours. Donc pour les plus motivés, armez-vous de courage !
Le choix de l’ENIM a été sans appel : je voulais être ingénieur des mines et assurer la relève dans les mines nigériennes. Il faut dire qu’à l’époque le contexte minier était des plus prometteurs, des investissements colossaux étaient au rendez-vous, notamment avec le groupe Areva. Dès mes premiers jours à l’ENIM, j’ai tout de suite apprécié l’école ; à l’exception, bien entendu, de l’horrible période de bizutage. Notons qu’en plus d’offrir une scolarité gratuite à ses élèves ingénieurs, l’ENIM fait partie de la liste des écoles reconnues pour la richesse des activités socioculturelles qu’elle propose.
Ecole Supérieure des Mines de Rabat (ex ENIM) © Amadou Mamane Abdoul Kader
Ecole Supérieure des Mines de Rabat (ex ENIM) © Amadou Mamane Abdoul Kader
Après deux année d’études à l’ENIM, étant très bien classé, j’ai été retenu pour une formation permettant l’obtention d’un double diplôme d’ingénieurs en France, dans le cadre d’un partenariat entre l’ENIM et certaines grandes écoles françaises. L’idée de ce partenariat est de réaliser deux années dans chacune des deux écoles pour finalement obtenir les deux diplômes des deux écoles : une opportunité à saisir sans trop se poser de questions ! L’inscription offre d’office une scolarité gratuite (à l’exception des frais d’assurance maladies qui demeurent obligatoires en France) aux heureux retenus. J’avais alors le choix dans une panoplie d’écoles toutes aussi prestigieuses les unes des autres : l’Ecole Centrale de Lyon, L’Ecole des Mines de Saint-Etienne, l’INSA de Lyon, les Mines d’Alès, etc. Mon choix s’est finalement porté vers l’Ecole Centrale de Lyon, et ce pour deux raisons : la première porte sur le classement de l’école parmi les écoles les mieux cotées (6ème derrière les plus prestigieuses écoles parisiennes, selon le palmarès L’Etudiant 2010 des écoles d’ingénieurs que j’avais consulté alors ; l’école se place aujourd’hui en 3ème place en terme d’excellente académique, selon le même classement) et la deuxième sur l’option génie civil qu’elle proposait. Je souhaitais en effet préparer un second diplôme dans un domaine aussi proche possible que celui du premier. »

L’Ecole Centrale de Lyon (France)

« A la rentrée 2011-2012, j’effectuais mes premiers pas à l’Ecole Centrale de Lyon. L’accueil et le suivi d’intégration lors de la première semaine sont assurés chaleureusement par le BDE (Bureau des Elèves) : inscription, remise de livrets d’information, visite découverte à travers Lyon, pique-nique au parc de Miribel, etc.
Des cours magistraux aux travaux dirigés, en passant par les travaux pratiques, la formation centralienne est très dense. Cette formation dite généraliste, permet aux élèves centraliens d’étudier et de découvrir plusieurs domaines dans un temps resserré : mécanique, mathématiques, informatique, matériaux, management, électronique-électrotechnique-automatique, biologie, nanotechnologies, etc. L’objectif est de former de futurs responsables capables de s’adapter à toutes les situations. L’Ecole Centrale de Lyon offre par ailleurs la possibilité d’accéder à la bourse CMIRA (Bourse de Coopération et Mobilité Internationale de la région Rhône-Alpes), dont j’ai pu bénéficier pendant ma seconde année d’études à l’école.
A l’instar de toutes les formations d’ingénieurs de renom, les stages d’été sont obligatoires : 1 mois minimum en première année, 3 mois minimum en deuxième année et 6 mois en dernière année. Ayant intégré l’école en deuxième année, j’ai réalisé mon premier stage, d’une durée de quatre mois, et mon stage de fin d’étude (6 mois) au sein de l’entreprise SCANSCOT Technology. Il s’agit d’un bureau d’étude suédois implanté à Lyon, très à la pointe en matière de calcul par la méthode des éléments finis (vérification de résistance des structures, résistance aux séismes, calcul thermique, calcul d’impact, résistance à la fatigue, etc.), dans le secteur du génie civil. Ces stages m’ont offert l’opportunité de percer le secret des éléments finis, au travers de l’utilisation du progiciel ABAQUS, mais également de découvrir la Suède grâce à plusieurs séjours au siège social de l’entreprise. »

Entrée dans la vie professionnelle

Fin 2013, remise des diplômes © Amadou Mamane Abdoul Kader
Fin 2013, remise des diplômes © Amadou Mamane Abdoul Kader

« Fin septembre 2013, je parachevais ma formation par l’obtention de mes deux diplômes : ingénieur des mines de l’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale et ingénieur généraliste de l’Ecole Centrale de Lyon. En octobre 2013, je suis recruté en tant qu’ingénieur structure et mécanique par le bureau d’étude SCANSCOT Technology, avec lequel j’avais donc déjà collaboré pendant presque deux années. Je poursuis aujourd’hui mon parcours professionnel au sein de l’entreprise APTISKILLS, implantée principalement en Ile de France, Rhône-Alpes et PACA (région Provence Alpes Côte d’Azur), en tant qu’ingénieur calcul (code éléments finis ANSYS) orienté génie civil. Comme dans de nombreuses entreprises françaises, le processus de recrutement s’est déroulé en deux étapes : entretien avec les ressources humaines, puis validation technique avec les managers et / ou chefs de projets. »

Mes projets et suggestions

« A court terme, je me concentre sur l’acquisition d’expériences professionnelles me permettant d’atteindre le niveau de chef de projet confirmé. A plus long terme, j’envisage de développer au Niger l’utilisation de la méthode des éléments finis, où elle demeure aujourd’hui quasi inexistante, en créant, par exemple, une entreprise spécialisée en la matière.
Pour conclure ce portrait, je dirais qu’en chacun de nous se trouvent des potentialités. Chez certains, ces potentialités se matérialisent naturellement avec une certaine aisance, mais chez la plupart d’entre nous il faut travailler à les révéler. Mes suggestions ? Fixons-nous des objectifs, ayons confiance en nous-mêmes, soyons patients, endurants et disciplinés, persévérons et la réussite viendra d’elle-même ! »


Source ONG OSE Niger

jeudi 16 avril 2015

9eme Rencontre Annuelle du Réseau des ONG Francophones sur le Climat



Le Niger participe a la 9eme Rencontre annuelle du Reseau Climat et Developpement a Paris du 14 au 18 avril 2015. Cet atelier dont le thème est « Quels defis l’accord de Paris sur le Climat doit-il relever selon la société civile africaine francophone ? ». 14 pays sont representes et 70 participants.
Le Niger est représenté par Issa Garba du Réseau de la Jeunesse Nigérienne sur les Changements Climatiques, Ali Bonguere de EDDER, Moutari Abdoul Madjid de l’ONG Développement pour um Mieux Etre et Sani Ayouba de JVE Niger. 


Cette rencontre ce tient a Paris dans ce contexte d’accueil par la France de la 21e Conférence des Parties a la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique communément appelé « les Négociations Climat » 
Chaque année depuis 2007, le RC&D organise un atelier annuel en vue de la définition de la stratégie de plaidoyer des organisations de la société civile francophone dans le cadre des négociations internationales sur le climat. Cette année, dans l’objectif de renforcer la voix de la société civile francophone dans les négociations et compte tenu de l’importance que revêt le sommet Paris Climat 2015, l’atelier annuel du réseau se tiens à Paris du 14 au 18 avril 2015, afin de pouvoir faciliter le dialogue entre les représentants de la société civile africaine francophone et la Présidence Française.   Il sera précédé, les 12 et 13 avril, d’une réunion  restreinte avec la « taskforce » COP21 du Réseau Climat & Développement.
 Le Réseau Climat & Développement est le seul réseau rassemblant les ONG francophones – majoritairement africaines – sur les questions de climat et de développement. Il comporte à ce jour plus de 70 ONG membres. Chaque année, le Réseau Climat & Développement participe aux conférences internationales sur le climat pour rencontrer les décideurs francophones, décrypter les négociations et rappeler les enjeux clé pour les pays les plus pauvres et vulnérables. En 2015, les membres de la société civile africaine francophone seront amenés à jouer un rôle important dans les négociations et l’ambition de l’accord à Paris fin 2015, à la fois tant que principaux acteurs de terrain dans la lutte contre la vulnérabilité et les impacts climatiques dans leurs pays et de part leurs expériences pratiques, porteurs de propositions et solutions concrètes pour l’enrichissement du dialogue international.

AAS 

mardi 26 août 2014

Lancement de la 4ème semaine du scolaire nigérien



« Nous devons perpétuellement lutter pour arracher nos droits, mais pas pour autant s’en prendre aux biens publics et privés » a annoncé le camarade Anass Djirbil, Secrétaire Général du Comité Directeur, lors de son allocution pour le lancement de la semaine du scolaire nigérien. Cette quatrième édition placée sous le parrainage du Recteur de l’université de Niamey a pour thème  « Rôle du scolaire nigérien dans la consolidation de la paix et l’unité nationale pour un développement socio-économique, politique et culturel. ». Un thème qui vient à point nommé dans un Niger qui lutte perpétuellement pour consolider cet acquis si précieux sans lequel aucun projet durable n’est possible : la paix. Connu pour être des « casseurs » à l’occasion de leurs marches, aujourd’hui, les scolaires ont compris que saccager n’est pas la solution. Cette semaine du scolaire soutenue par l’Unicef, est l’occasion d’entretenir les membres des différentes sous-sections venus de tout le Niger sur l’importance de la préservation de la quiétude ainsi que sur les moyens dont ils disposent pour faire valoir leurs droits, ce, sans avoir à user de la violence. « Aujourd’hui, il est question pour nous, de nous soucieux du sort de nos petits frères qui quittent les bancs à partir de l’école primaire sans aucun repaire. Notre souci devrait être orienté à comment améliorer la qualité de l’enseignement au regard du résultat catastrophique de 26% cette année » a dit Anass, pour qui  la solution peut venir de la création de 4 futures facultés des sciences de l’éducation. Comment ne pas rappeler les difficultés auxquelles fait face l’enseignement supérieur ? Le comité Directeur a alors demandé une attention particulière à l’endroit de ce secteur. Car pour le SG, «  aucun pays au monde n’a regretté pour avoir investi dans l’éducation de ses fils », tout en regrettant qu’il n’y ait aucun enseignant de rang magistral dans certains départements de nos universités.


Le scolaire nigérien, c’est aussi ces étudiants de l’extérieur. Des étudiants qui font face à des difficultés de divers ordre parmi lesquels, l’accession à la bourse. Anass estime qu’il faut redorer l’image de notre pays en les mettant à l’abri de telles situations. Car, ils sont nos ambassadeurs et constituent l’image de notre pays à l’extérieur.

Pour le parrain de cette semaine des scolaires, ce thème est très illustratif d’un souci largement partagé bien au delà du milieu scolaire, celui de voir œuvré en citoyen exemplaire et équilibré à l’amélioration qualitative et quantitative de la situation économique et politique de notre pays.

En plus de plusieurs activités culturelles et sportives, cette semaine du scolaire nigérien est aussi l’occasion pour le Comité Directeur de l’USN de « bien baliser » leurs actions afin d’être beaucoup plus efficace et utile aux scolaires.

 

 

 

jeudi 14 août 2014

Célébration de la journée internationale de la jeunesse

      A l'instar des autres régions du pays, Dosso a célébré mardi dernier, la journée internationale de la jeunesse placée sous le thème « les jeunes et la santé mentale ». La cérémonie a été présidée par le
    Secrétaire général de la région, M. Yahaya Tankari en présence du président du conseil régional de la jeunesse de Doss et de plusieurs structures de jeunesse.
    Dans l'allocution qu'il a prononcée à cette occasion, le Secrétaire général de la région de Dosso M. Yahaya Tankari a indiqué que la présente journée est l'occasion de sensibiliser l'opinion nationale et internationale sur les questions de population et développement en lien avec l'extrême jeunesse de notre population. En tant que force structurante et majeure a souligné le Secrétaire général de la région de Dosso, la jeunesse a une grande responsabilité à cet effort collectif de marche en avant pour une amélioration continue des conditions de vie et de mieux-être.
    Cependant a fait remarquer M. Yahaya Tankari, pour parvenir à une utilisation de l'engagement de la jeunesse en faveur de la production socio-économique, celle-ci doit être dans un état de santé physique et mentale à toute épreuve d'où le thème de cette journée. Au Niger, a poursuivi le Secrétaire général de la région de Dosso, la conviction inébranlable des plus hautes autorités est que la jeunesse à travers sa pleine implication dans le circuit institutionnel et décisionnel doit jouer un rôle déterminent.           

    C'est alors l'opportunité pour la jeunesse de faire preuve de plus de lucidité et d'abnégation. Les autorités de notre pays ont engagé une véritable lutte contre la production, la consommation et la commercialisation de la drogue sous toutes ses formes pour lutter contre ce fléau, au-delà de l'Etat et des services de sécurité, les organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers, la famille en tant que cellule fondamentale de la société doit être le pivot de l'éducation. Une famille saine est la base d'une société saine. Le public a ensuite assisté à une conférence portant sur le thème de la journée ainsi qu'à une kermesse organisée à cet effet.

    Mahamane Amadou ONEP Dosso

    mercredi 16 juillet 2014

    Violences au Nigeria, les refigiés se comptent par millirs à Diffa.


    Diffa subit de plein fouet les conséquences de la guerre que se livrent l’armée et le groupe terroriste Boko Harma au nord du Nigeria. Depuis la déclaration de l’état d’urgence, le Niger fait face à un afflux de 29 168 Nigériens et 10 044 Nigérians qui viennent chercher refuge dans la région de Diffa au Sud Est du Niger. La plupart sont des femmes et des enfants, ainsi que des adolescents, souvent suspectés d’appartenance à l’un ou l’autre des groupes armés et d’auto-défense qui se sont multipliés depuis le début des violences. Habitués à aller travailler au Nigeria, où les salaires sont meilleurs, les jeunes ne savent plus vers où se tourner pour gagner de quoi faire survivre la famille, installée au Niger. Les Nations unies interviennent auprès des populations hôtes, qui les accueillent en grande partie, et des personnes déplacées elles-mêmes, via des kits d’urgence.


    Ibrahim Mahamadou, 17, retourné du Nigeria dans sa case, dans la cour qu’occupe sa famille à Diffa, mars 2014. Retourné du Nigeria depuis un mois, il y gagnait sa vie en travaillant dans une boulangerie, pour faire vivre ses parents, ses 5 frères et sœurs, de retour de Goubio, au nord du Nigeria. Fuyant l’instabilité provoquée par la secte islamiste Boko Haram, sa famille a préféré retourner à Diffa, leur ville d’origine. Depuis, ils vivent sous une hutte et ne vivent que de quelques subsides en gardant un site de production de briques. Ibrahim gagnait l’argent nécessaire à la survie du foyer en travaillant au Nigeria mais tout s’est arrêté un jour de février, quand les « Ngoura » sont arrivés en ville. Depuis, Ibrahim est à Diffa, et sans travail malgré tous ses efforts. 

    « J’ai fui Goubio [au nord du Nigeria] quand les An Goura [porteurs de machette, en haoussa] sont arrivés dans le village, avec l’armée. Ce sont des jeunes des ghettos, ils sont payés pour aider les militaires, enrôler les jeunes et tuer les hommes.  Là-bas, la situation est intenable. Il n’y a jamais la paix. On vit dans une peur constante. On ne sait pas si le matin.
    Unicef Niger 2014/Pierre Terdjman

    mardi 8 juillet 2014

    Entretien avec Bilal Keit, artiste reggae-man nigérien


    ''Il faut se concentrer sur les défis auxquels notre pays fait face, et préserver notre culture des mauvaises influences qui viennent d'ailleurs''
    Bilal Keit est votre nom d'artiste. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous dire depuis quand vous vous êtes lancé dans la musique ?
    Je m'appelle Seydou Moustapha Alpha Keita, et comme vous le dites, mon nom d'artiste est Bilal Keit. Je suis artiste reggae-man du Niger. J'ai débuté ma carrière dans les années 1988-1989 en tant que danseur dans le groupe ''Home Boys''. En 1995, j'ai entamé une carrière rap avec le groupe de rap ''Wangari'' ; juste après, je me suis retrouvé à ''Wass Wong''. De Wass Wong, je suis parti pour une carrière en solo en 2004.

    De danseur, est-ce qu'on peut savoir ce qui vous a poussé à prendre le micro pour chanter ?
    La danse et la chanson, ce sont deux domaines qui se complètent en réalité. Il y a des artistes qui ont commencé par la danse et qui ont fini par être des artistes chanteurs ou musiciens. En 1995, on écoutait du rap américain, et un peu de rap français qui a commencé avec MC Solar dont les textes avaient beaucoup de sens. Personnellement, depuis que j'étais petit, j'aimais chanter ; je chantais très bien à l'école au point où j'étais premier du centre en chant. On dit que ''l'enfant est le père de l'homme'', donc c'est toute cette passion de l'enfance qui a fini par me rattraper. De la dance Hip-Hop, je suis allé au rap, et du rap, au reggae que j'ai toujours aimé.

    Vous avez évolué pendant longtemps dans les groupes de rap avant de vous décider finalement à faire une carrière en solo. Pourquoi une telle option ?
    Parce que, comme je vous le disais tantôt, mon enfance m'a rattrapé dans le sens où j'écoutais beaucoup du reggae quand j'étais petit, notamment les chansons de Bob Marley, puis celles d'Alpha Blondy. On était d'ailleurs tous émerveillés de voir un Africain qui peut nous faire accrocher à ce mouvement reggae. Et le fait de voir un Africain se débrouiller comme ça, c'était pour moi un motif de fierté. Nous sommes tous allés dans le sens d'Alpha Blondy ; et c'est là où j'ai développé encore plus mon amour pour le reggae. Et même dans Wass Wong, si vous écoutez bien le morceau ''Kimi fonda'', vous allez remarquer qu'il y a beaucoup d'aspects reggae dedans. C'était mon inspiration que j'ai voulu partager avec le groupe au moment où le groupe était au complet. Avec le temps, j'ai réellement compris que j'étais fait pour le reggae et je voulais jouer en live avec des musiciens. C'est donc le naturel qui a pris le dessus ; et je ne voulais pas imposer ça aux autres membres du groupe à l'époque où le groupe était vraiment au complet. Donc j'ai décidé d'aller en carrière solo, et cela d'autant plus que j'ai remarqué qu'au Niger, ce mouvement n'arrivait pas à avoir des ailes bien qu'on ait eu des artistes talentueux dans le domaine. On a eu la chance qu'à travers le rap, on a pu faire une révolution du mouvement Hip-hop, qui nous a permis d'avoir un grand public au Niger. Tout le monde était chaud, et tout le monde était bien embarqué dans le bateau. Je me suis dis que vu qu'il y a un public qui est accroché, je vais faire la promotion du reggae.

    Vous avez débuté votre carrière solo en trombe, avec des morceaux comme ''Tari Yangué'', ''Talaka'' ou ''Fête au village''. Mais juste après ce démarrage, vous vous êtes vite éclipsé. Peut-on savoir les raisons de votre disparition de la scène musicale ?
    La raison principale de cette retraite est ma relation avec Dieu. Nous vivons dans une société majoritairement musulmane, et je n'avais pas une compréhension assez approfondie de l'interprétation des versets du Coran. La spiritualité m'a beaucoup apporté, et m'a donné beaucoup de force. Elle m'a donné un esprit fort, et la foi. Grâce à Dieu, j'ai pu sortir de beaucoup d'embuscades qui m'ont été tendues. Cela peut arriver à tout le monde. Et j'ai compris que seul Dieu est là au moment où vous vous sentez seul. Et j'avais cette connexion là. Et pour cela j'étais prêt à sacrifier ce côté aritiste pour montrer ma gratitude à Dieu. Avec le temps, j'ai fini par comprendre que c'était une question d'interprétation. Tout dépend de la manière dont on utilise cette musique. Elle peut servir au diable, tout comme elle peut servir à faire du bien. Une fois qu'on l'utilise dans le sens de sensibiliser les gens, et d'apporter sa petite contribution à la société, je pense que l'art a une valeur.
    Pendant votre retraite spirituelle, est-ce que vous aviez rompu avec le milieu de la musique, est-ce que vous aviez mis tout dans le placard, et où étiez-vous pendant tout ce temps ?
    Oui, j'avais mis tout dans le placard. J'étais dans des milieux très modestes de notre société. J'ai pris le temps de connaitre le Coran, de cultiver ma spiritualité, et de comprendre l'interprétation de ce livre qui nous a apporté toutes ces grandes valeurs de notre société. Cela m'a permis aussi de savoir qu'il faut respecter toutes les religions, et de pouvoir vivre en harmonie ensemble, tel que nos grands parents l'ont fait et ont réussi à garder cette paix indispensable pour l'épanouissement de tout peuple.

    Maintenant, vous êtes en train de faire un comeback musical. Il semble que vous étiez récemment au Mali. Quel est le motif de votre voyage?
    Déjà à Londres, je savais que pour représenter son peuple, on a besoin de parler son langage. On a besoin d'être soi avant d'aller vers l'autre. Donc, il s'agissait de mettre en valeur notre originalité, les éléments de notre culture, et à travers le reggae, apporter une couleur originale de l'Afrique. Pour cela, j'avais besoin de revenir me ressourcer chez moi au Niger, puis au Mali, et en Afrique, partout où on peut trouver des éléments de musique qui peuvent transcrire notre culture, de sorte que les peuples qui ne nous connaissent pas puissent nous découvrir et apprécier notre apport culturel. Je suis revenu pour enregistrer un album, un album qui aura les couleurs africaines mixées avec des couleurs d'ailleurs. C'est un album qui comportera probablement dix (10) titres ; j'ai commencé un premier son en live, et j'ai enregistré ''Iné Iné''. Ce morceau évoque un problème social assez sérieux. Nous vivons dans une époque où nous devons nous départir de certaines tares. Nous devons nous concentrer sur des choses essentielles qui peuvent nous avancer au lieu de nous attarder sur des détails, la médisance par-ci par là...Nous devons trouver les formules adéquates pour que l'on puisse créer les conditions de notre développement et de notre épanouissement.

    Vous envisagez, à l'issue de l'enregistrement de votre nouvel album, d'organiser un grand concert à Niamey. Quel est l'objectif que vous assignez à ce concert là ?
    L'objectif de ce concert, c'est de renouer avec le public, mais surtout d'attirer l'attention de toutes les couches sociales de notre pays, sur l'importance de bien cohabiter ensemble, sur l'importance de bien préserver cette paix, sur l'importance de la parenté à plaisanterie, et tous ces facteurs de préservation de la paix que nous ont légués nos parents. Ce sont des instruments qu'on ne peut trouver nulle part ailleurs. Un autre objectif de ce concert, c'est d'attirer l'attention de la jeunesse sur les dangers qui viennent de l'extérieur ; il faut trier et prendre ce qui est bien pour nous.
    C'est en somme une sorte d'appel à une culture de la paix ?
    Oui, un appel à la culture de la paix et à la cohésion sociale. Il faut se concentrer sur les défis auxquels notre pays fait face, et préserver notre culture des mauvaises influences qui viennent d'ailleurs. Cela sous-entend qu'il faut bien éduquer nos enfants.
    Vous qui avez pris du recul pendant quelques années, et qui avez séjourné hors du Niger, s'il vous était donné d'apprécier la musique nigérienne, que diriez-vous ?
    Je dirais qu'il y a de l'évolution. Il y a des groupes qui sont en train de faire un bon travail et j'ai aussi compris qu'il y a des groupes qui véhiculent un message très positif. Par contre, il y a des groupes qui s'attardent sur des futilités, des tiraillements. Le Niger fait face à un certain nombre de défis sur lesquels tout Nigérien qui aime son pays doit cogiter, creuser sa matière grise et se demander quelles solutions il doit y apporter. On a plus le temps de s'insulter par rapport à ceci ou à cela. La société est pleine de sujets de débat auxquels nous devons chercher à apporter des solutions ensemble, en fonction de notre culture, de nos convictions, de notre réalité.

    Un artiste, ce sont des œuvres, des œuvres qu'il faut protéger. Est-ce que vous pensez qu'au Niger les œuvres des artistes sont suffisamment protégés ?
    Pour être franc avec vous, je dirai non ! Mais je sais aussi que cela n'est pas facile dans un pays où jusqu'à présent, la musique n'a pas pris un envol considérable pour donner aux acteurs sensés protéger les droits des artistes, assez de moyens. Je ne dis pas que le bureau des droits d'auteur ne fait pas son travail, mais je pense qu'il doit mettre plus de rigueur sur certains facteurs de sorte que quelqu'un ne puisse prendre l'œuvre d'un artiste et l'utiliser.

    Pour conclure cet entretien, est-ce que vous avez un message particulier à l'endroit de vos fans, et des mélomanes nigériens en général ?
    J'ai un message qui me tient à cœur. Ce message est basé sur l'éducation. Nous devons éduquer nos enfants de telle sorte qu'ils puissent éviter certains travers de la vie. Au Niger, nous avons une culture très décente. Mais je vois qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de choses qu'on montre à la télévision qui ne peuvent qu'influencer négativement notre jeunesse. Et je dis à ces jeunes là de faire très attention par rapport à ce qu'ils voient à la télévision, et de ne pas oublier d'où ils viennent. Il ne faut pas penser que faire de la musique, c'est montrer des femmes nues, ou faire de la perversion. Combien d'artistes ont réussi leur carrière sans verser dans cela ? Il faut qu'on conserve ce sens de scrupules que nous avons, et il faut qu'on évite de faire de la perversion, car quand il y a la perversion, il y a l'immoralité. Nous devons préserver nos valeurs sociales à travers l'éducation des enfants pour leur assurer un futur radieux.
    Oumarou Moussa